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  Les fosses en géomembrane : une alternative économique au stockage des effluents d'élevage  

Le deuxième programme de maîtrise des pollutions d’origine agricole (PMPOA2) impose un renforcement de la conduite de la fertilisation azotée et donc une meilleure gestion des effluents d’élevage. C’est pourquoi la mise en conformité des bâtiments d’élevage s’articule principalement autour du stockage des déjections, aussi bien des fumiers que des effluents liquides.

Pour ces derniers, le stockage en fosse géomembrane est encore peu développé mais s’avère être une alternative économique et pérenne au classique stockage en fosse bétonnée.

La réalisation des fosses en géomembrane

Le principe de la géomembrane repose sur un fond de forme rectangulaire et un talutage en pleine terre de 45°. L’ensemble est étanchéifié par deux séries de géosynthétiques superposés. D’une profondeur en général de 2,5 à 3 m, ce type d’ouvrage nécessite une emprise au sol importante et donc de la surface autour des bâtiments.

La conception d’une fosse géomembrane comprend 6 phases essentielles.

1) Le terrassement

Il permet le talutage et la constitution de la tranchée d’ancrage des géosynthétiques. Le fond de fosse et les abords doivent être exempts de toute végétation, de terre végétale et compactés afin de rendre le support de l’ouvrage le plus lisse possible, sans aspérité apparente. Il comprend aussi la stabilisation des accès pour assurer la circulation et le stationnement des engins agricoles à proximité de l’ouvrage.

2) Les drainages

Comme pour les fosses en béton, un drainage des eaux en fond de fosse avec pose d’un regard de contrôle est réalisé pour pallier les remontées de nappe phréatique. Un drainage complémentaire des gaz est effectué, par des évents placés et protégés en crête des talus, pour évacuer les résidus gazeux issus par exemple de la fermentation organique du sol.

3) La pose d’un géotextile anti-poinçonnement

Son rôle est triple. Il protège la géomembrane d’éventuels éléments saillants, agit comme une couche drainante et contribue à répartir les contraintes sous la géomembrane.

4) La pose de la géomembrane

Il existe 2 familles de géomembrane en fonction du constituant de base (cf. Tableau n°1). Le constructeur doit fournir une fiche technique garantissant la résistance aux agents atmosphériques et notamment les ultraviolets, ainsi que la compatibilité chimique (pH) avec les produits à stocker suivant leur agressivité. Le type de géomembrane le plus couramment utilisé en agriculture est l’EPDM.

Tableau n°1 : Les différents types de géomembrane

Constituant de base

Produit

Sigle

Epaisseur minimale

Polymère

Polychlorure de vinyle

PVC

1 mm

Polypropylène

PP

1 mm

Polyéthylène haute densité

PEHD

1,5 mm

Ethylène polyène diène monomère

EPDM

1,14 mm

Bitume modifié par ajout de polymère

3 mm

5) La sécurité

Autour de l’ouvrage, la sécurité est assurée par la pose d’une clôture d’une hauteur minimale de 2 mètres pour limiter les chutes des individus ou des animaux. Il convient d’installer également une échelle de secours comme dans toute fosse.

6) L’exploitation de l’ouvrage

Afin d’éviter tout risque d’arrachement, d’entraînement ou de déformation de la géomembrane, les systèmes de brassage et de reprise doivent impérativement être fixes et accompagnés d’un système de lestage. Il correspond à un plot de béton en fond de fosse sur lequel repose le dispositif.

C’est pourquoi les fosses en géomembrane conviennent mieux au stockage du purin, des eaux blanches et vertes issues du lavage du bloc traite et de l’aire d’attente et des eaux brunes des aires d’exercice et fumières extérieures. En effet, il existe pour ces effluents des dispositifs adaptés de vidange en sortie basse ou en fond de bassin. Pour le lisier, produi t moins fluide nécessitant un brassage préalable à la reprise, les fosses en béton restent des solutions plus appropriées.

Un cahier des charges strict

Les constructeurs de fosses en géomembrane doivent comme pour les fosses en béton présenter une garantie décennale et suivent un référentiel technique spécifique : le fascicule n°10 du Comité Français des Géosynthétiques (CFG). La géomembrane doit respecter la norme NF P84-500 et être certifiée selon le référentiel ASQUAL. Enfin, un contrôle technique subventionné est obligatoire pour les ouvrages de plus de 250 m3.

Un ouvrage adapté à une mise aux normes à moindre coût

A volume égal, les fosses en géomembrane reviennent 30 à 50 % moins cher que les fosses en béton.

Contrairement à de nombreux a priori, les fosses en géomembrane présentent de nombreux avantages (cf. tableau n°2 ci-dessous) et sont aussi fiables que les fosses en béton. Cette alternative économique n’est donc pas illusoire mais, au contraire, est une solution à étudier lors de la mise en conformité de votre exploitation.

Tableau n°2 : Avantages et inconvénients des fosses en géomembrane

Avantages

Inconvénients

· Réduction des coûts

· Facilité de reprise des effluents

· Durée de chantier réduite

· Possibilité et simplicité d’extension des ouvrages

· Emprise au sol importante

· Stockage des lisiers peu recommandé

· Volume d’eaux pluviales stocké plus important

Jean-Pierre DEPIL

Mars 2009





Contact
Jean-Pierre DEPIL
Pôle Entreprises et Environnement

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