L’activité agricole a façonné une grande partie des paysages que nous connaissons aujourd’hui. Les constructions agricoles d’aujourd’hui, leur architecture et leur insertion paysagère préparent les paysages de demain. L’action envisagée avec le Conseil Général de l’Aisne, confortée par le Conseil Régional de Picardie vise à améliorer la prise en compte des éléments concourant à la préservation des paysages. Des aides sont accordées aux éleveurs qui réalisent des travaux en vue d’améliorer l’insertion de leur bâtiment d’élevage dans le cadre de leur projet de modernisation.
Les travaux subventionnables sont très variables. Ils peuvent concerner des travaux liés à l’implantation, à la forme des terrassements, aux travaux de recollement, à la volumétrie et à la forme du bâtiment, au type de matériaux employés et à la couleur… De même, le traitement des abords, la voirie d’accès et les plantations de haies, arbustes et arbres sont des éléments qui peuvent figurer dans le dossier.
Une aide de 40% sur le volet paysager :
Les travaux concourant à améliorer l’intégration paysagère du bâtiment peuvent être retenus au titre du PMBE (plan de modernisation des bâtiments d’élevage) dans le cadre d’un sur-plafond limité à 15.000 euros par exploitation. Pour les GAEC, ce plafond est multiplié par le nombre d’exploitations regroupées. L’ensemble des dépenses éligibles peut bénéficier :
-d’un taux d’aide de 20 % du Conseil Général de l’Aisne
-d’un taux complémentaire de 20 % du Conseil Régional de Picardie.
Pour être retenus, les travaux doivent répondre à un certain nombre de critères avec une validation par les architectes du conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement (CAUE).
Le projet apprécié suivant 3 échelles de lecture
L’échelle du grand paysage :
Pour visualiser le projet bâtiment sur le plan de l’insertion paysagère, il faut prendre du recul. Sortir de la ferme pour constater comment elle est vue de loin permet d’évaluer l’impact des constructions sur le paysage. Quelle est la situation du site de construction vis-à-vis du relief ? Il faut par exemple éviter, si possible, une situation sur la ligne de crête. Un bâtiment isolé a intérêt à se situer dans un repli naturel de terrain. De loin, l’aspect lié à la silhouette des constructions et à leur couleur est important. Y a-t-il contraste ou accompagnement vis-à-vis de la composition du paysage ?
L’échelle du paysage :
En s’approchant, les différents volumes des constructions peuvent être différenciés. Quelle sera la relation entre le nouveau projet et l’existant ? Une volumétrie simple avec faîtage central a des chances de donner le meilleur résultat. L’implantation devra respecter, autant que possible, le profil du terrain existant pour éviter déblais et remblais. Lorsque le terrain doit être terrassé, le talutage devra être réalisé en pente douce pour laisser une empreinte naturelle. A ce stade, la végétation joue un rôle important. Quelle est sa composition, peut- elle être maintenue ou recomposer avec des espèces locales ?
L’échelle du site :
En vision rapprochée, le choix des matériaux et les détails d’assemblage deviennent prépondérants. La position des portes et autres ouvertures, leurs proportions et répartitions ont un impact important. Les bardages en bois, descendus le plus bas possible sont les plus adaptés pour une bonne intégration du bâtiment. Les liaisons avec les accès stabilisés, les clôtures et la végétalisation des abords sont également déterminantes.
Déroulement de la procédure de validation
Le déroulement de la procédure conduisant à la validation des projets et à la présentation des travaux éligibles aux aides a été adopté dans ses grandes lignes.
-Une étape préalable de prise en compte des éléments du paysage :
Cette 1ère étape se fait avec une visite sur site par le CAUE accompagné du concepteur du projet et avec la participation de l’éleveur. Une grille d’approche méthodologique permet de conduire les échanges et d’indiquer les éléments qui devront être intégrés dans la conception du projet.
-Etape de validation :
L’avant-projet fait l’objet d’une présentation au CAUE par l’éleveur ou le concepteur. Le projet est validé ou non en vérifiant s’il a été tenu compte des remarques mises en évidence à l’étape précédente. Cette étape permet de valider dans le même temps la liste des travaux envisagés qui pourront donner lieu aux aides du Conseil Général de l’Aisne et du Conseil Régional de Picardie.
-Etape instruction de la demande d’aide :
Le dossier de demande d’aide est ensuite monté par le conseiller en incluant le volet paysager :
- Copie de la grille de validation du CAUE
- Plan reprenant les éléments de composition du dossier
- Devis type spécifique du volet paysager.
Le dossier est ensuite instruit et validé en comité départemental qui prend la décision finale de retenir ou rejeter le dossier.
-Etape de réception de travaux :
La dernière étape permet de vérifier la conformité des travaux par rapport aux conseils initiaux .Cette réception est prévue en commun CAUE, DDAF, concepteur, architecte, constructeur. Le solde de l’aide n’est versé qu’après réception.
Jean-Pierre DEPIL
Conseiller bâtiment à la Chambre d’Agriculture
http://www.caue60.com/index_02.asp
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