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  Le raclage mécanique: un équipement pour simplifier le travail  

L’évacuation des déjections peut être simplifiée avec la mise en place d’un systéme de raclage mécanisé. Pour donner satisfaction il faudra choisir son matériel dès la conception de l’étable et ensuite réaliser une installation soignée

Le transfert des déjections des aires d’exercice vers l’ouvrage de stockage, hormis les systèmes sur caillebotis, nécessite un raclage quotidien.L’automatisation de cette tache avec l’installation d’un ou plusieurs racleurs mécaniques est une solution pour simplifier ce travail. Le bon fonctionnement du système retenu repose avant tout sur la qualité des travaux d’installation (dallage) et sur la conception du dispositif qui doit être pensé dès l’élaboration du projet de construction.

Différents racleurs sont proposés sur le marché avec entraînement par chaine, cable, vérin hydraulique,ou autonome avec batterie. Racleurs droits ou en V, le choix sera fonction du type de déjection à transférer, du nombre et de la longueur des couloirs à racler et de la position de l’ouvrage de stockage.

Alléger le travail quotidien en temps et en pénibilité

En équipant la stabulation de racleurs mécaniques l’éleveur peut gagner les 15 à 30 minutes nécessaires chaque jour pour effectuer le curage des aires bétonnées. Pendant le fonctionnement du système, l’éleveur est libre pour effectuer d’autres taches tout en surveillant l’opération:entretien des logettes, paillage… La présence des animaux dans les couloirs ne pose pas de problémes et supprime la manipulation nécessaire avec le raclage tracteur. Les barrières de séparation entre lots ne génent pas non plus le raclage .Ceci peut représenter un gros intérêt pour les conduites en petits lots: bovins d’élevage et bovins à l’engraissement.

La mise en marche 2 fois voire 3 fois par jour permet d’accroître le nettoyage des aires d’exercices ce qui contribue à l’amélioration de la propreté des animaux et de l’ambiance de l’étable.

Faire le choix du matériel selon la consistance du produit à racler

  • Le rabot en V pour les fumiers

Le racleur en V est particulièrement adapté pour les bâtiments fortement paillés.Le curage des couloirs avec conduite en fumier nécessite des racleurs lourds avec des lames d’une hauteur de 25 cm minimum.Une bonne hauteur de passage sous les portes en sortie de bâtiment devra être prévue: 70 à 80 cm avec une protection contre les courants d’air à l’aide de bandes PVC .

Le rabot en V nécessite, en tête de couloir, une zone de «garage» pour permettre son ouverture complète avant l’attaque de la zone à racler. Il faut compter 1,5 fois la largeur du couloir pour ce parking si l’on veut éviter des interventions manuelles. En période de gel important cette zone devra être protégée par de la paille ou par un abri.

Un muret de chaque coté du racleur sert de guide à l’avancement du rabot : seuil de logettes ou bordurette le long de l’aire paillée.Lors du retour, il se replie au milieu du couloir limitant l’entrainement des nouvelles déjections.

  • Le rabot droit ou en U pour les lisiers

Ce type de rabot peut être lourd pour les lisiers pailleux ou plus léger pour les lisiers purs. Il ne convient pas pour les fumiers pailleux. Retenir ce matériel alors que l’on s’oriente vers la production de fumier peut conduire à des déconvenues

Ce rabot n’exige pas de garage important pour le recul en tête de couloir .Le parking peut donc faire partie de la stabulation permettant une protection contre le gel plus pratique.

Lors du retour le rabot doit laisser passer le lisier sous ses palettes. Il ne peut donc reculer sur un couloir paillé non raclé comme par exemple des logettes face à face paillées.

- Le système d’entraînement par câble convient bien pour une faible longueur de couloir car il ne doit pas être soumis à des charges trop lourdes. Le câble en inox est dans un rail de guidage encastré dans le béton. Des jeux de poulie aux extrémités permettent le va et vient des rabots.Ce système convient très bien pour les lisiers.Il est économe en énergie, rapide et avec une sécurité efficace en cas d’obstacle.

- Les systèmes à chaîne ont un avancement continu et plutôt rapide. Ils sont plutôt adaptés au lisier pailleux avec transfert direct en fosse ou préfosse en bout de bâtiment. De même on limitera l’emploi a des stabulations inférieures à 50 m de long. La chaîne doit être retendue périodiquement et changée au bout d’une dizaine d’années. Ces systèmes sont montés en général avec un aller retour de la chaîne. Pendant qu’un des racleurs est en service dans un des couloirs, l’autre revient se mettre en position zéro. En fin de cycle il y a donc un rabot garé dans le «parking» et l’autre au-dessus de la préfosse. Les deux couloirs doivent donc être de longueur identique.

- Les systèmes à rail sont entrainés par un vérin relié à une centrale hydraulique. Une seule centrale peut servir pour deux couloirs avec fonctionnement par alternance ou simultané même avec des longueurs différentes. Il est possible de les installer pour des stabulations jusqu’à 100 m de long avec des couloirs jusqu’à 6 m de large. Pour des longueurs supérieures, le raclage mécanique automatisé n’est plus adapté.

Le rail peut entraîner des racleurs lourds ou légers dotés de systèmes de sécurité. La vitesse d’avancement est très lente et discontinue. Le rail est encastré dans la maçonnerie mais peut également être installé en hors sol lorsque les dallages sont existants ou sur caillebotis, et même pour les étables avec les couloirs revétus de tapis caoutchouc. Le vérin sera placé de préférence en position tirant ,hors sol ou encastré. S’il s’agit de lisier le déversement se fait directement dans la fosse, la préfosse ou le caniveau de transfert avec lisier flottant. S’il s’agit de fumier le produit est poussé jusqu'à la dalle d’égouttage pour une reprise par tracteur ou déversé directement dans une fumière encaissée. Les reprises latérales avec évacuateurs ou racleurs sont possibles mais encombrantes et entraînent des frais importants.

- A noter qu’il existe sur le marché des systèmes automoteurs. Leur installation est relativement simple sans rail de guidage .Ceci leur permet de s’adapter à de faibles variations de pente. Ils sont à réserver au lisier et lisier pailleux. L’adhérence des roues d’entrainement peut poser problème si on a laissé sécher le lisier sur le béton.

Pour une bonne installation :

--Prévoir des couloirs plats ou avec une pente légère, pour conserver une certaine humidité favorable à la qualité du raclage.

--Eviter les parties extérieures là ou les déjections vont sécher en été ou geler en hiver.

--la qualité du dallage est le point le plus important pour le bon fonctionnement du dispositif.La dalle devra être régulière sur le plan longitudinal, du point de départ jusqu’au point d’arrivée du rabot. Un béton tiré au laser est préférable.

--Un état de surface sans vague ou trou ce qui rend pratiquement impossible la mise en place de racleurs dans des batiments existants sans une réfection compléte des dallages

--L’état de surface de la dalle devra être plan.Mieux vaut rainurer le béton après durcissement qu’un état de surface abimé par un rainurage béton frais mal maitrisé.

--Des murets réguliers de chaque coté sans aspérité (attention au décalage de coffrage)

16/10/06





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Jean-Pierre DEPIL
Pôle Entreprises et Environnement

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