|
Contrairement
aux idées reçues, les voies respiratoires ne sont pas les seules à nécessiter
une protection : la pénétration du produit dans l’organisme se fait
aussi par la peau et les muqueuses. La protection assurée par les équipements
de protection individuelle (E.P.I.) est donc nécessaire.
La contamination peut intervenir lors de tâches, telles que : préparation
de la bouillie, application du produit, nettoyage du pulvérisateur,
interventions dues à tous dysfonctionnements du pulvérisateur (buses
bouchées,...). Pendant ces interventions, l’utilisateur va être
directement exposé aux produits phytosanitaires. Après le traitement,
tout contact avec des éléments pollués peut aussi être source de
contamination indirecte : parcelles venant d’être traitées, pulvérisateur,
tracteur...
Se protéger, une
obligation
Lorsque
le port d’équipements individuels de protection est prévu par l’étiquetage
sur les emballages de produits phytosanitaires, l’employeur est tenu de
veiller à ce que ses salariés portent les équipements adaptés,
notamment lors des opérations de préparation des bouillies et de leur
application (décret 87361 du 27/05/1987 - décret 93.41 du 11/01/1993).
Dans ce cadre, l’employeur doit mettre des équipements de protection
adaptés et aux normes C.E., informer les salariés des risques, des
conditions d’utilisation des équipements de protection, ainsi que les
consignes particulières concernant ces équipements.
Il incombe au salarié de prendre soin de sa sécurité et de sa santé,
ainsi que celles des autres personnes concernées par ses actes ou de ses
omissions de travail (code du travail -article L 230-3).
Bien s’équiper
pour bien se protéger
Mettre
un vêtement adapté. L’utilisateur de produits phytosanitaires doit
porter un vêtement de protection réservé à ce seul usage. Ce vêtement
peut être une combinaison de travail, un vêtement de pluie, un vêtement
de protection spécifique à l’activité de traitement phytosanitaire.
Seuls ces derniers vêtements de protection spécifique sont efficaces
contre les produits phytosanitaires (selon la norme européenne). Les plus
connus sont les vêtements de protection étanches et lavables et les
combinaisons à usage court (jetable).
Avoir
un masque. Le masque complet (panoramique) protège les yeux et les voies
respiratoires. Lors du port du demi-masque, les « lunettes masques «
complètent bien la protection, en particulier contre les projections aux
yeux pendant la préparation de la bouillie. Préférer des lunettes
masques de protection étanches, anti-buée, avec des oculaires en résine
polymérisée ou en acétate, qui garantissent contre certains produits
agressifs.
S’équiper
de gants. Les produits mis en contact direct avec la peau pénètrent dans
l’organisme où ils sont véhiculés par le sang. Les gants sont la
protection de base de l’utilisateur. Ils sont obligatoires pendant
toutes les manipulations au moment du remplissage de la bouillie ou lors
des interventions sur le pulvérisateur (buses bouchées, réglages,....).
Il faut choisir des gants en nitrile ou néoprène dont la taille est
suffisante pour protéger les avant-bras. Sur le plan pratique, il ne faut
pas oublier d’avoir les mains propres et sèches avant de porter les
gants, de couvrir les gants avec les manches du vêtement. Après
l’utilisation, laver les gants avant de les enlever, les faire sécher
et vérifier toujours leur état avant de les reprendre. On peut aussi
penser à se protéger les pieds, notamment pour des utilisations spécialisées
sous serre ou en milieu confiné. En tout état de cause, il faut porter
des chaussures ou des bottes étanches ; il faut éviter les chaussures légères,
confortables mais inefficaces.
|