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L'interprofession de l'A.O.C. MAROILLES est née !
Vendredi 25 janvier 2008, le Syndicat des Fabricants et Affineurs de Maroilles (S.F.A.M.) est devenu le Syndicat du Maroilles (S.D.M.) lors d’une assemblée générale extraordinaire qui réunissait pour la première fois des producteurs de lait et des transformateurs.Petit à petit, ce vendredi 25 janvier dans les locaux d’Uriane à La Capelle, les invités s’installent autour de la table. Intimidés pour la plupart par l’événement qu’ils vont vivre. Les mots ne sont pas trop forts, il s’agit d’un événement : la création de l’interprofession du Maroilles.
Une filière en mouvement
Dominique Duquesnoy, président du S.F.A.M. ouvre la séance en rappelant cette parole d’Octave Feuillet qu’il avait mis en tête de ces vœux pour cette année : « L’espoir est comme le ciel des nuits : il n’est pas de coin si sombre où l’œil qui s’obstine ne finisse par découvrir un étoile ».Il poursuit en rappelant les espoirs syndicaux du S.F.A.M. pour 2008 :Créer une structure unie, producteurs de lait et producteurs de MaroillesRéussir le passage en Organisme de Défense et de Gestion (voir encadré)Réussir la révision du décret, nécessaire pour conserver notre A.O.C. (voir encadré)Affirmer la notoriété de notre fromage sur son territoire : Des hommes, un fromage, un terroir, Un trésor à faire valoir ».
« On est là pour une naissance »
Henri Brichart, un des acteurs de la création de ce nouveau syndicat, prend la parole : « On est là pour une naissance. Il s’agit d’un moment particulièrement important ».Il rappelle que les producteurs de lait sont attachés à la création d’une interprofession Maroilles et que le regroupement des producteurs de lait et de Maroilles va permettre la mise en place d’une filière forte et structurée pour que chacun tire un bénéfice de l’A.O.C..
Il remercie le S.F.A.M. et ses différents présidents pour tout le travail accompli et en particulier pour l’augmentation des volumes produits et commercialisés. Cette augmentation profite à tout le monde.« La réforme des signes de qualité est longue à mettre en œuvre, mais elle a ses mérites comme la constitution de cette interprofession ».
Cependant, il rappelle que les AOC ne vivent pas dans un monde clos et que tout ce qui se passe dans le reste de la filière lait aura des répercutions sur les AOC. Revenant à l’interprofession, il remarque que «l’élargissement à l’ensemble des acteurs va demander une évolution de la part de tout le monde.
Une interprofession est un miracle permanent qui est de faire travailler tout le monde dans un objectif d’intérêt commun. Cela est possible quand on a compris que l’on est dans un rapport gagnant-gagnant ».
Il termine en soulignant qu’il faudra faire comprendre aux producteurs livreurs l’intérêt de l’AOC d’autant plus au moment où il va leur être demandé un engagement fort et des efforts supplémentaires : Cette démarche a un sens si cela s’accompagne d’une démarche économique pour tous les acteurs.« Les producteurs auront à cœur de faire le maximum, conclut-il ».
De nouveaux dirigeants
Dominique Duquesnoy au nom de l’INAO a ensuite expliqué les raisons de la création de cet ODG et l’état d‘avancement des démarches. L’inao a validé les nouveaux statuts ainsi que la transformation du SFAM en SDM sans dissolution du premier.Les membres de l’assemblée générale (voir encadré) valident à l’unanimité la transformation et les statuts.
Une fois ces textes validés, l’assemblée générale a procédé à la désignation du conseil d’administration qui est constitué de 8 représentants des transformateurs et 8 représentants des producteurs de lait.Le conseil d’administration a ensuite élu son bureau. Dominique Duquesnoy, directeur adjoint des Fromagers de Thiérache, reste président. Olivier Tabary, producteur de lait à Landouzy-la-ville dans l’Aisne est élu vice-président.Guy Hennecart, producteur de lait à Sèmeries dans le Nord est élu secrétaire.Claire Halleux, productrice de Maroilles à Haution dans l’Aisne est élue trésorière.
Une question reste en suspend et ce sera certainement une des premières tâches de l’Odg, c’est la façon dont les producteurs de lait vont concrétiser leur entrée dans l’interprofession. Il y aura certainement la nécessité de la signature d’une charte officialisant leur appartenance à la filière mais rien n’est encore décidé sur les modalités et sur les engagements qui leurs seront demandés.
Avant de se séparer, et comme pour toute naissance les participants ont partagé une coupe de Champagne, autre grande AOC du département de l’Aisne.
M.C.
Encadré 1 :Les Organismes de Défense et de Gestion
ont été instaurés par l’ordonnance du 7 décembre 2006. Ils se substituent aux anciens syndicats de défense des A.O.C. Un seul O.D.G. est reconnu par A.O.C..
Ils ont pour mission
- D’élaborer le projet de cahier des charges,
- contribuer à son application par les opérateur et participer à la mise en œuvre des plans de contrôle et d’inspection
- Tenir à jour la liste des opérateurs, et la transmettre périodiquement à l’organisme de contrôle et à l’I.NA.O. (Institut National de l’Origine et de la Qualité)
- Participer aux actions de défense et de protection du nom, du produit et du terroir, à la valorisation du produit ainsi qu’à la connaissance statistique du secteur
- Mettre en œuvre les décisions du comité national de l’IANO qui le concerne.
Un élément important de la réforme est que tous les opérateurs impliqués dans la production du signe concerné (ici, l’A.O.C. Maroilles) sont membres de droit de l’ODG.
Encadré 2 : L‘assemblée générale est composée de deux collèges, celui des transformateurs et celui des producteurs livrant du lait.
La représentation des producteurs de lait se fait de la façon suivante :
Des représentants désignés par un vote au sein de chacune des entités de producteur créé autour des transformateurs
De deux représentants élus au sein du syndicat départemental des producteurs de lait de l’Aisne
De deux représentants élus au sein de la section laitière de la FDSEA du Nord.
Tous les représentants des producteurs de lait ont pu être désigné avant ce 25 janvier et étaient présents au cours de cette réunion. Ils sont au total 8.
Encadré 3 : Révision du décret – APPEL aux producteurs de lait
Comme cela a été rappelé par Dominique Duquesnoy, un des chantiers importants que doit mener à bien cette nouvelle interprofession pour l’intérêt de tous est la révision du décret régissant l’AOC Maroilles, en y introduisant des critères concernant la production du lait transformé en Maroilles.
Plusieurs réunion d’information se sont déroulées au début de l’année 2007 de façon à expliquer les raisons de cette révision, et les propositions faites par le groupe de travail chargé d’y réfléchir.
A l’issue de ces réunions, une enquête a été distribuée de façon à évaluer la situation globale des producteurs de la zone AOC par rapport aux propositions faites.130 producteurs de lait y ont répondu. Ce nombre est important mais pas suffisant pour pouvoir conclure de façon sérieuse sur la faisabilité des propositions.
L’enjeu est important. De vos réponses dépendent les décisions qui seront prises pour la demande de révision du décret : critères de production (concernant par exemple l’alimentation des vaches), délais demandés à l’INAO pour atteindre les critères qui seront retenus, établissement de l’argumentaire….
Si vous n’avez pas renvoyé votre enquête, merci de le faire. Si vous avez besoin d’aide, merci de nous contacter. Parlez-en autour de vous. Rien ne peut se faire sans vous.Mireille Chevalier : 03.23.22.50.38/mireille.chevamlier@ma02.org
Encadré 4 :Les dates de l’AOC MAROILLES
Dès le début du 20ème siècle, le Maroilles est considéré comme un facteur de qualification de la Thiérache.
Dans l’entre-deux-guerres, les thèses agricoles qui portent sur la Thiérache, cherchent à la délimiter. Le Maroilles tend alors à devenir le produit phare de la Thiérache, un produit qui la distingue des autres régions, le seul qui, aux yeux des auteurs de l’époque, lui est propre et qui peut porter loin le nom de la petite région.
Petit à petit et suivant l’exemple d’autres fromages comme le camembert, les producteurs de Maroilles visent à essayer de définir l’aire de production du Maroilles. En 1927, un comité de Défense du réputé produit de notre région ‘le Maroilles’ est constitué. L’objectif de ce comité est d’obtenir une protection au titre de la loi de 1919 sur les appellations d’origine. Le rôle du comité va alors au delà de cette demande, il s’agit d’organiser la production et de fédérer les producteurs de Maroilles. Ce premier comité fait place à un syndicat de défense du Maroilles en 1929.
Ce syndicat associe industriel par Albert Ledant et herbagers au travers de René de la Gorce La présidence en est assurée par ce dernier.
En 1932, le syndicat « définit la zone de fabrication en dehors de laquelle le fromage ne peut présenter les qualités de celui produit dans le pays ».
Cependant, cette délimitation n’est pas encore reconnue officiellement. Une première étape est franchie en 1936 avec la publication d’un décret définissant ce qu’est un Maroilles mais sans zone de production.
En 1947-1948, un nouveau syndicat de producteurs de Maroilles fermiers de la Thiérache et un syndicat d’attribution et de défense du label national de qualité du fromage de Maroilles (dans le Nord) sont créés. L’un ayant pour objet l’amélioration de la qualité et l’autre l’obtention d’une protection géographique. Ce dernier n’obtient toujours pas gain de cause.Le relais est alors pris par le Syndicat des utilisateurs et transformateurs de lait du département de l’Aisne qui intente un procès à un producteur n’étant pas dans la zone qu’ils définissent en 1955. Le tribunal de Château-Thierry leur donne raison et protège ainsi le Maroilles par un jugement du 13 juillet 1955. Il s’agit d’une date historique dans l’histoire de la protection du Maroilles.Cette appellation fait du Maroilles le cinquième fromage français à être protégé et le premier du Nord de la France ainsi que le premier fromage de plaine.
Cependant, tout le monde n’est pas d’accord avec cette délimitation. Des contestation vont avoir lieu, ainsi que des oppositions entre les « fermiers du Nord » et « les industriels de l’Aisne ».
En 1956, un syndicat des fabricants du véritable fromage Maroilles est constitué, mais il est contesté car composé principalement d’industriels de l’Aisne.Il faudra attendre 1971 pour qu’un syndicat mieux équilibré voit le jour : le syndicat du véritable fromage de Maroilles qui devient rapidement le Syndicat des Fabricants et Affineurs de fromage de Maroilles.
Le décret d’appellation du Maroilles définissant la zone de production est enfin promulgué en 1976 : 50 ans de combat !
(d’après « Thiérache et Maroilles : un ancrage historique et spatial », de Claire Delfosse –2007) Contact : Mireille Chevalier
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