L'intérêt fertilisant des effluents d'élevage n'est plus à démontrer. Par contre comment en tenir compte si la composition de l'effluent est mal connu.
C'est là tout la difficulté de la fertilisation à partir des effluents d'élevage. Les normes existantes sont largement insuffisantes ; seule une analyse en laboratoire renseigne correctement sur la composition et la valeur fertilisante.
Pourquoi faire une analyse ?
Il existe aujourd'hui des normes N, P, K largement publiées sur la valeur des effluents d'élevage. Néanmoins, selon le type de logement, d'alimentation, de stockage… la composition varie fortement. Par exemple, le taux de paillage est directement lié à la teneur en potasse du fumier. On ne militera donc jamais suffisamment pour l'analyse de l'effluent au laboratoire. Mis à par Les obligations réglementaires, l'intérêt de l'analyse prend donc toute sa mesure dès qu'il s'agit de raisonner la fumure azoté, phosphatée ou potassique.
L' analyse est obligatoire lorsque le fumier ou le lisier est cédé à un tiers. La réglementation Directive Nitrates qui s'applique sur tout le département depuis 1996, impose à tout fournisseur de matière organique (fumier, lisier, compost…) de fournir une analyse datant de moins de trois mois et réalisée en laboratoire agréé. Par ailleurs, les agriculteurs ayant réalisé les travaux de mise au norme des bâtiments d'élevage et concernés par le dispositif additionnel I de la Déclaration d'Activité Polluante doivent réaliser au moins une analyse d'effluent par an.
Le prélèvement, un rôle primordial dans le résultat de l'analyse
L'analyse n'est pas tout. Le prélèvement joue un rôle primordial dans le résultat de l'analyse.
En lisier, l'azote organique, l'azote ammoniacal, la phosphore et la potasse ne se répartissent pas de la même façon dans une cuve à lisier. La potasse et l'azote ammoniacal très solubles se répartissent uniformément dans toute la cuve. L'azote organique et surtout le phosphore se concentre presque exclusivement au fond. Une cuve non homogénéisée ne donnera donc pas du tout le même résultat selon que l'on prélève en surface ou au fond de la cuve. Le mieux reste bien évidemment, d'homogénéiser le lier avant de prélever. Un échantillon de 1litre environ suffit.
Le fumier "travaille" losrqu'il est stocké en tas. Le centre du tas va chauffer parfois de façon très importante. Par ailleurs la pluie va concentrer une partie des éléments fertilisants au centre du tas. Forcément, la composition du fumier ne sera pas la même si on prélève la surface du tas ou le cœur du tas. L'erreur comme en lisier peut être importante. Une analyse sur l'azote, effectuée sur un prélèvement exclusivement au cœur du tas peut conduire à diminuer de moitié la dose d'effluent à apporter. Le prélèvement a donc bien une importance capitale dans le résultat de l'analyse.
En fumier, le mieux est d'ouvrir le tas et de prélever des poignées à la fois au cœur, dans le milieu et à la périphérie du tas. Un échantillon de 500 gr à 1kg suffit.
La conservation de l'échantillon joue aussi un rôle important. Il doit être placé dans une bouteille ou un sac en plastique propre. Si l'échantillon ne peut être apporté immédiatement au laboratoire, il doit être conservé au frais. Dans un délai de trois jour, au frigo et au delà, au congélateur. Le mieux reste de l'apporter dans la journée au laboratoire d'analyse.
Sans un minimum de précaution dans le prélèvement de l'échantillon, le résultat de l'analyse ne vaut rien.
A quel coût ?
Le coût d'une telle analyse est de l'ordre de 50 à 65 € HT selon le type d'analyse demandée. Sans modification notable sur les mode production ou les types de bâtiments sur l'exploitation, il n'est pas nécessaire de faire une analyse par an. Par contre il faut au moins une analyse par type d'effluent épandu.
La Station Agronomique de l'Aisne à Laon, le Laboratoire de l'INRA d'ARRAS, l'AGREN proposent ce type de prestation. Les délais sont de l'ordre de 15 jours à 3 semaines entre le dépôt au laboratoire et la réception du résultat d'analyse.
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