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Fertilisation organique
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Effluents d'élevage : lever le pied sur les engrais minéraux, c'est jusqu'à 90 €/ha d'économie

En Picardie, on estime que des économies sont réalisables sur près de 3  parcelles sur quatre en maïs ensilage !

La valeur des effluents d'élevage reste encore trop souvent mal connue. Les économies portent ainsi essentiellement sur l'azote, le phosphore et la potasse et vont de 45 à 90 €/ha. Quelques outils permettent aujourd'hui de limiter les frais tout en préservant rendement et qualité.  

L'outil incontournable : l'analyse d'effluent  

Comment valoriser les effluents si on sait pas ce qu'ils contiennent. Bien sur, il existe des normes, mais elles restent des moyennes utilisables uniquement pour "se faire une idée". La composition d'un fumier ou d'un lisier dépend très fortement de l'exploitation : type de bâtiment, mode de stockage, mode d'alimentation, durée de stockage… L'analyse réalisée au moins une fois sur chaque type d'effluent précise la composition dont il faut tenir compte et les écarts avec les normes peuvent être très importants : du simple au double.  

Pour un fumier, il faut ouvrir le tas et prélever une douzaine de poignées réparties sur la hauteur pour constituer un échantillon d'un kilo environ. Pour un lisier, un litre de produit préalablement brassé suffit. Les échantillons doivent être déposés au laboratoire dans la journée ou conservés au frais. Le coût d'une analyse se monte à environ 60 €.  

Maïs ensilage : 40 tonnes de fumier + 30 à 70 unités d'azote suffisent  

En exploitation d’élevage, avec 40 tonnes de fumier, les besoins en phosphore et potasse sont largement couverts pour le maïs et le blé qui suit. Contrairement aux idées reçues, le phosphore et la potasse des fumiers de bovin sont aussi efficaces qu'un engrais minéral.  

En azote, un apport de 40 tonnes de fumier et 30 à 70 unités d'azote suffisent. Tout dépend des conditions climatiques de l'année et de l'objectif de rendement que l'on se fixe. Un objectif de 14 tonnes à 16 tonnes dans les meilleurs terres reste réaliste. Ainsi, dans de nombreux cas, des économies de 45 à 90 € / ha de maïs sont réalisables, en supprimant les engrais minéraux superflus.  

Pour se rassurer, les analyses de sol permettent de vérifier l'état des ressources du sol en phosphore te potasse. Un reliquat d'azote en sortie d'hiver permet d'estimer plus justement la dose d'azote minéral complémentaire à apporter.  

Les prairies : distinguer les besoins en P et K selon le type d’exploitation  

Les ruminants restituent énormément par les déjections : 65% du phosphore et 90 % de la potasse ! Sur des sols bien entretenus, les apports dépendent principalement du mode d'exploitation et du rendement objectif. Inutile de fertiliser pour 10 Tonnes de MS si le potentiel n’y est pas ! Les doses vont ainsi de 30 à 90 unités pour la potasse et de 15 à 40 pour le phosphore (tableau 1). 20 t/ha de fumier ou 40 m3/ha de lisier suffisent largement pour couvrir les besoins.

Les apports d'azote sur prairies restent difficiles à raisonner précisément. Des expérimentations sont en cours dans l’Aisne pour apporter des références fiables aux éleveurs. Toutefois, les conseils suivant restent d’actualité :  

  • adapter l’apport d’azote au chargement et au potentiel,    

Attention aux risques sanitaires ! Respecter un délai de 20 jours entre épandage et pâturage pour les lisiers de bovins. Pas de problèmes particuliers avec les fumiers de bovins, sauf en cas de paratuberculose. Pour le lisier de porcs, l’idéal reste d’utiliser un lisier stocké depuis au moins 2 mois en fosse, et d’attendre 30 jours pour faire pâturer après épandage. Les fumiers de volailles sont à éviter.  

Epandre quand il faut pour limiter les pertes  

Une bonne connaissance de la composition des effluents et de la dose à apporter ne sert à rien si l'épandage est mal maîtriser. Il faut maîtriser le mieux possible la dose à épandre : vérifier de temps en temps les quantités épandues en pesant un ou plusieurs épandeurs.  

La date d'épandage prend aussi toute son importance. En théorie, on conseille souvent d'épandre au plus proche des besoins des plantes, à savoir au printemps sur maïs. En pratique, il faut jongler entre la portance des sols et les périodes d'épandage. Le mieux reste quand c'est possible de faire les apports de lisiers et de fumier bien décomposé au printemps. Si les conditions habituelles du sol à cette période ne le permettent pas, les épandage d'automne doivent être suivis de l'implantation d'une culture intermédiaire pour limiter les pertes d'azote. Attention, il existe réglementairement, des périodes d'épandage précises à respecter (voir tableau 3 ci-dessous).

Tableau 1 : Quelques repères de fertilisation P et K des prairies selon le mode d’exploitation  

 

   

Mode d’exploitation    

   

Objectif production    

   

   

1 fauche plus pâturage      

   

   

Exclusivement pâturée      

   

   

P2O5    

   

   

K2O      

   

   

P2O5      

   

   

K2O      

   

   

Elevé (> 8 tonnes Ms)      

   

   

40      

   

   

90      

   

   

30      

   

   

60      

   

 

   

Moyen (6 à 8 tonnes Ms)      

   

   

30      

   

   

60      

   

   

20      

   

   

40      

   

 

   

Faible (< à 6 tonnes Ms)      

   

   

20      

   

   

50      

   

   

15      

   

   

30      

   

 

 

Ces valeurs représentent la totalité des apports nécessaires sous forme minérale et/ou organique.

Ces quantités d’azote représentent bien entendu l’apport total, en tenant compte des effluents d’élevage.

Tableau 3 : Calendrier des périodes d'interdiction d'épandage

Epandage

Maison de l’agriculture de l’Aisne - 1 rue René Blondelle - 02007 Laon - Picardie - Tél - 03 23 22 50 50