Il n’est pas indispensable de réaliser une analyse de reliquat azoté sur chacune des parcelles de l’exploitation.
L’objectif est d’obtenir un bon compromis entre coût des analyses et intérêt agronomique. Voici quelques éléments pour choisir judicieusement les parcelles à analyser.
Il faut faire des analyses représentatives de l’assolement de l’exploitation, mais ne pas les multiplier inutilement.
Chaque année, le Laboratoire Départemental d’Analyses et de Recherche réalise, avec l’INRA et la Chambre d’Agriculture, la synthèse des reliquats azotés mesurés sur le département. Et chaque année, le constat est le même : les parcelles les plus représentées sont les blés de betterave. Pourtant, c’est ce couple culture/précédent qui présente le moins de variabilité (faible écart-type) : les mesures sont assez homogènes et proches de la moyenne.
En effet, la betterave est un précédent qui vide bien le profil en azote. Il n’est donc pas forcément rentable de faire analyser tous les blés de betterave de l’exploitation car les résultats seront sensiblement les mêmes. Autre exemple : le colza est une plante qui utilise, lors de son développement automnal, presque tout l’azote présent dans le sol. Les reliquats tournent toujours, en l’absence d’apport organique, autour de 20-25 unités d’azote. C’est pourquoi il vaut mieux donner la priorité aux autres cultures. Ainsi, pour le blé de pois, les mesures sont bien plus hétérogènes d’une parcelle à l’autre : il paraît moins fiable de se baser sur un reliquat moyen que pour un blé de betterave.
Un reliquat de référence annuel permet de situer l’année par rapport aux autres.
La mesure annuelle du reliquat sur un couple culture/précédent de référence (le même tous les ans) peut aider l’agriculteur à apprécier la variabilité interannuelle et lui permettre de se créer un référentiel personnel. Si sur son exploitation, le reliquat en blé précédent pailles enlevées tourne habituellement autour de 60 unités et qu’une année il est de 75 kg N/ha, l’agriculteur peut se rendre compte qu’il s’agit d’une année à reliquats élevés et que les doses d’azote à apporter seront par conséquent plus faibles, et vice versa.
Certaines cultures sont sensibles à l’azote.
Pour rentabiliser au mieux l’investissement de l’analyse, il est judicieux de choisir des parcelles portant des cultures sensibles à l’azote. En effet, un excès d’azote est préjudiciable à l’orge de printemps ou à la betterave par exemple, ce qui justifie d’avoir un conseil le plus précis possible.
Certaines parcelles sont susceptibles de présenter un reliquat d’azote important.
Les parcelles recevant des apports de matière organique sont également à privilégier. En effet, la matière organique contenue dans le fumier, le lisier, les boues, les vinasses, etc, minéralise différemment d’une parcelle à l’autre, d’une année à l’autre. Il en est de même pour les précédents dits « riches », c’est-à-dire les précédents laissant beaucoup d’azote dans le sol pour le suivant : les protéagineux ou la pomme de terre de consommation notamment. Sur ces parcelles, il est donc utile de connaître précisément la quantité d’azote présente à la sortie de l’hiver.
Certaines parcelles sont comparables.
Pour pouvoir extrapoler à une autre parcelle le reliquat azoté mesuré et interprété sur une parcelle, celles-ci doivent être le plus semblable possible. Cependant, il n’est pas forcément facile de regrouper les parcelles en petits groupes homogènes du point de vue du type de sol.D’autre part, la présence ou non d’une culture intermédiaire par exemple peut changer radicalement le reliquat azoté. En 2006, le reliquat azoté moyen d’un labour précédent pailles enfouies était de 79 kg N/ha, contre 55 kg N/ha si une culture intermédiaire avait été mise en place, soit une différence de plus de 20 unités d’azote en moyenne sur le reliquat, donc sur la dose d’apport conseillée. Il en est de même pour les apports organiques : le reliquat peut être plus élevé de 20 unités s’il y a eu un épandage de fumier. Et ces moyennes cachent des écarts qui peuvent être bien plus importants.Ainsi, un reliquat analysé et interprété sur une parcelle peut servir à d’autres parcelles de l’exploitation, à condition que la culture et le précédent soient les mêmes, ainsi que le type de sol, l’historique d’apports organiques et de cultures intermédiaires. Inutile donc, à moins d’un contrat le stipulant expressément, de faire analyser toutes ses parcelles en blé de colza si elles présentent des types de sol et un historique identiques.
En l’absence d’analyse sur la parcelle, le plan de fumure doit être fait à partir de la synthèse annuelle des reliquats.
Cette synthèse reprend les moyennes des reliquats réalisés au LDAR pour les parcelles de l’Aisne. Les moyennes sont regroupées en trois types de sols afin d’apporter le maximum de précision, sachant toutefois qu’une moyenne cache souvent de grandes hétérogénéités, et que le calcul ne sera jamais aussi précis qu’avec une analyse de sol et l’interprétation du LDAR par le logiciel Azofert.Rappelons que le plan de fumure est obligatoire et doit être réalisé à la parcelle, soit une fiche par unité culturale, même si le calcul est le même. Ne peuvent être regroupées sur la même fiche que des parcelles culturales contiguës et identiques.Tous les documents nécessaires à la réalisation du plan de fumure sont disponibles sur le site Internet de la Maison de l’Agriculture (www.agri02.com) dans la boîte à outils, ou sur demande au service Agronomie-Environnement (03 23 22 50 99).
Sophie CAPPE Nathalie DAMAY Caroline LE ROUX
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