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Résultat des enquêtes 2009-2010 : Consolidation des marges

Les éleveurs de volailles se sont réunis à la Chambre d’Agriculture pour  faire le bilan de l’année sur les résultats technico économiques  dévoilés par l’enquête avicole.

Reprise de la production française en 2010, après une fin 2009 difficile
Sur la période de l’enquête (juill 09-juin 10), la conjoncture était globalement favorable à la production de poulets. Cela est dû
- à la bonne tenue des marchés à l’export
- au maintien d’un bon niveau de consommation de viandes de volailles sur le marché intérieur
- et, il faut bien le reconnaitre, à la forte diminution, dans les années antérieures du parc de poulaillers
Néanmoins en affinant l’analyse, on constate qu’il y a eu un important décrochage en hiver 2009 où les stocks de viande à l’export étaient importants tandis que l’euro se positionnait particulièrement mal vis-à-vis du dollar. Le marché de la volaille standard étant très influencé par les marchés à l’export, les éleveurs dont les lots ont été vendus à cette période ont du piocher dans leur trésorerie pour boucler l’année. Heureusement une reprise a été amorcée début 2010 pour atteindre son plus haut niveau à l’été. Cette analyse concerne davantage les éleveurs travaillant avec les filières belges que ceux travaillant avec les filières françaises. En effet, l’enquête continue de révéler que les éleveurs travaillant avec les filières belges sont beaucoup plus liés aux variations des cours. En revanche, les filières françaises en garantissant une fourchette de revenu à l’éleveur, amortissent ces fluctuations tant à la hausse, qu’à la baisse.
Des cours relativement stables
La cotation de Deinze sur la période de l’enquête révèle des prix relativement stables. La rémunération des éleveurs en poulet standard bénéficiaient d’un prix moyen de 85 € les 100 kg. Mais l’hiver 2009 a vu chuter les cours, dégradant considérablement le résultat des lots sortis à cette période. En moyenne sur la période de l’enquête les éleveurs de poulets standard ont dégagé une marge poussin aliment de 42€/m². En retirant les charges variables (gaz, frais veto, attrapage…) il restait pour l’éleveur 25€/m². C’est sur cette marge qu’il doit encore prélever l’assurance et le remboursement de ses annuités.  Pour autant les niveaux de ces marges ne permettent toujours pas de rentabiliser correctement un poulailler neuf. Ainsi la majorité du revenu dégagé par un bâtiment non amorti sert à rembourser l’emprunt. Par contre lorsque cette période est passée, le poulailler joue pleinement son rôle de complément de revenu pour ceux qui avaient choisis cette diversification il y a une quinzaine d’années, et au final les éleveurs sont plutôt satisfaits de leur investissement.
Une production qui s’adapte aux prix de l’aliment, et aux saisons
Le parc bâtiment avicole de l’Aisne datant des années 90, il est devenu fréquent de rencontrer des éleveurs ayant amortis leur bâtiment…et se posant la question d’en construire un second. Ou en tout cas de réinvestir dans le premier. Dans ce cas, ils investissent en amélioration de la ventilation, en isolation, en amélioration des équipements intérieurs…
Quoiqu’il en soit l’amortissement des bâtiments libère l’éleveur dans son rythme de production, et s’il n’arrivait jamais que les poulaillers soient vides en période de remboursement, on constate que maintenant les éleveurs gèrent leur production en fonction des cours. Ainsi à l’hiver où les cours sont traditionnellement bas, on trouve de plus en plus de bâtiments vides. Ce phénomène est accentué par la hausse du prix de l’aliment qui diminue d’autant la marge des éleveurs. En effet sur un prix moyen d’aliment à 302€ la tonne sur la période de l’enquête, on observe cet hiver des prix proches de 350€.
Ne pas relâcher les performances techniques
Si les performances techniques restent honorables chez les éleveurs, on constate néanmoins une dégradation de leur productivité (résultante du chargement et de la vitesse de rotation) : 42 kg/m² quand nous étions à près de 44 kg/m² en 2007. Certes la nouvelle réglementation sur le bien être animal bloquera cette productivité, mais l’indice de consommation reste un des indicateurs clé de la performance technique. En 2007,  1,78 kg d’aliment consommé permettaient au poulet de produire 1 kg de viande. Aujourd’hui cet indice s’élève à 1,85. A l’heure où le prix de l’aliment est au plus haut, c’est sur ce point que doivent être particulièrement vigilent les éleveurs s’ils veulent faire progresser leur marge.

                                                                       

Alice MARTINET                                    Mars 2011
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