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La production d’œufs alternatifs: un débouché qui retient l’attention
Si les perspectives de marché comme la rentabilité sont encourageantes pour la production d’œufs alternatifs, il ne faut sous-estimer ni l’investissement, ni la charge de travail. Les œufs alternatifs sont tirés par le marché
La France demeure le premier producteur de l'Union Européenne avec une production estimée autour de 15 milliards d'œufs de consommation produits en 2008. Depuis la fin des années 80, afin de répondre à la demande des consommateurs français pour des œufs produits dans de nouveaux systèmes de production (accès des poules à des parcours extérieurs, production sous label rouge et production biologique), une part croissante des poules est élevée sous des modes d'élevages alternatifs soit, en 2008, 8,3 millions de pondeuses (18,7 % de l'effectif national). Notre région se positionne sur la production d’œufs alternatifs
L’appel d’air que connaît actuellement notre région pour les filières d’œufs alternatifs s’explique en partie par une réglementation sur le bien-être des poules en cage. En effet, la densité dans les cages ayant baissé et les cages devant être aménagées, la rentabilité de ce type d’élevage s’est amoindrie…à moins de concentrer davantage encore ces élevages. La Bretagne s’est fortement positionnée sur ce marché, et c’est dans cette région qu’on trouve les organisations et les compétences pour l’élevage de poules en cage. En revanche, la production d’œufs alternatifs peut se faire dans des régions à moindre densité, telle que la nôtre. Il n’en reste pas moins que la concurrence existe notamment au sein de pays européens aux coûts de production inférieurs aux nôtres. La rentabilité semble intéressante mais les besoins de trésorerie non négligeables
Selon que les œufs produits sont biologiques ou plein air, la marge ramenée à la poule est différente. Elle s’élève à 5€30/poule en plein air et 9€/poule en bio. Mais attention, en production biologique on ne peut pas dépasser 3000 poules par bâtiment. La marge précédemment citée prend en compte l’achat de la poulette, l’aliment consommé, les frais d’élevage (EDF, eau, vétérinaire, désinfection…). Il s’agit donc d’une marge brute à laquelle il convient de retrancher l’annuité liée à l’investissement pour obtenir une marge avant MSA et impôts. Cette marge ne prend pas en compte la vente possible de poules de réforme ou d’œufs au détail. Cette valorisation améliore sensiblement le revenu, encore faut-il avoir un bassin de consommation assez proche et une fibre commerciale. Le travail est quotidien et régulier dans les horaires
Le degré d’automatisation détermine le besoin en main-d’œuvre.1h à 1h¼ par millier de poules sont nécessaires lorsque ramassage et conditionnement sont manuels, 3h / 20 000 poules lorsque le ramassage est mécanisé. Ce travail est quotidien, exige de la régularité dans les horaires et une surveillance constante. Il faut prévoir également un pic d’activité lors du nettoyage et de la désinfection du bâtiment. La production d’œufs alternatifs a le vent en poupe
Les techniciens battent la campagne pour une diversification en œufs alternatifs. Si cette diversification mérite qu’on s’y arrête, les éleveurs devront s’attacher dans leur choix à la fiabilité de leurs débouchés. La Chambre d’Agriculture entretient des contacts avec certaines filières: la Société CDPO à Esternay (51), la Société ONE à Boffles (80), la Société Sodine à Saint Souplet (51) et la Société Cocorette à Arras (62). |