La gestion du bâtiment dépend de plusieurs paramètres. Parmi ceux-ci, la température et l’hygrométrie occupent une place de premier rang dans la hiérarchie des facteurs d’ambiance.
En dépit de l'augmentation du prix du gaz, il faut chauffer convenablement son bâtiment
La température de l’air ambiant est le facteur qui a la plus grande incidence sur les conditions de vie des volailles, ainsi que sur leurs performances. Les poussins sont les plus sensibles aux températures inadaptées. Ceci est lié à leurs difficultés à assurer leur thermorégulation les premiers jours de vie. Ainsi apparaissent des notions de température critique inférieure et de température critique supérieure. Celles-ci délimitent une plage de température appelée zone de neutralité thermique à l’intérieur de laquelle le rapport entre l’énergie fixée par l’animal pour la croissance et l’énergie alimentaire ingérée est optimale. C’est donc à l’éleveur de programmer une température chaude et constante dans le poulailler (environ 32°C à l’arrivée des poussins et 34°C pour les dindonneaux).
La zone de neutralité thermique des volailles s’élargit au fur et à mesure que le plumage se développe et augmente son pouvoir isolant, permettant ainsi à l’oiseau de mieux réguler les transferts de chaleur avec son environnement de vie.
En dehors de la zone de neutralité thermique les volailles sollicitent leurs mécanismes de régulation afin de freiner l’évolution vers une situation d’hypothermie se traduisant alors par une baisse des performances. En dépit de l’augmentation du prix du gaz, il faut chauffer convenablement son bâtiment: 1kcal fournit par le chauffage coûte moins cher qu’1kcal fournit par l’aliment.
Normes de température pour le démarrage et l’élevage
| Poulets de chair en ambiance
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| AGES (en jour)
| TEMPERATURE AMBIANTE
| EVOLUTION PLUMAGE
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| 0 à 3
| 31 à 33°C
| Duvet
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| 3 à 7
| 32 à 30°C
| Duvet + ailes
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| 7 à 14
| 30 à 28°C
| Duvet + ailes
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| 14 à 21
| 28 à 26°C
| Ailes + dos
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| 21 à 28
| 26 à 23°C
| Ailes+dos+bréchet
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| 28 à 35
| 23 à 20°C
|
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| +35
| 20 à 18°C
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Source: sciences et techniques avicoles- sept 1998
| Dindonneaux en ambiance
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| AGES (en jour)
| TEMPERATURE AMBIANTE
| AGES (en jours)
| TEMPERATURE AMBIANTE
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| 0 à 2
| 33.5°C – 34°C
| 25 – 26
| 26.5°C
|
| 3 – 4
| 32.5°C - 33.5°C
| 27 – 28
| 26°C
|
| 5 – 6
| 32°C - 33°C
| 29 – 30
| 25.5°C
|
| 7 – 8
| 31.5°C – 32.5°C
| 31 –32
| 25.5°C
|
| 9 – 10
| 31°C
| 33 – 34
| 24.5°C
|
| 11 – 14
| 29.5°C
| 35 – 36
| 24°C
|
| 15 – 16
| 29°C
| 37 – 38
| 23.5°C
|
| 17 – 18
| 28.5°C
| 39 – 40
| 23°C
|
| 19 – 20
| 28°C
| 41 – 42
| 22.5°C
|
| 21 - 22
| 27.5°C
| 43 - 44
| 21°C
|
| 23 – 24
| 27°C
| + 44
| 19°C à 21°C
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Source: sciences et techniques avicoles- sept 1998
L’humidité influe sur la température réellement perçue par les animaux
L’humidité de l’air est une donnée importante qui influe sur la zone de neutralité thermique donc intervient sur le confort des animaux. Dans des conditions de neutralité thermique, la température effectivement vécue par les animaux augmente lorsque l’humidité est élevée (voir tableau3). A l’inverse pour les températures faibles, la température effectivement vécue par les animaux diminue lorsque l’humidité est forte.
Dans le cas d’une ambiance humide, comme c’est le cas en hiver, les animaux éprouvent les plus grandes difficultés à maintenir stable leur température corporelle.
L’humidité de l’air conditionne l’état des litières. Principalement par temps doux et humide, et avec une ventilation insuffisante, lorsque l’air ne peut plus absorber d’humidité, la litière joue un rôle «d’absorbeur d’eau». Eau qu’elle restitue d’ailleurs par la suite. En présence d’une litière trop humide, les animaux ont toutes les chances de développer des pathologies.
Effets combinés de la température et de l’hygrométrie ambiante sur la température réellement perçue (d’après Nilipour AH, 1996)
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| Température ambiante (°C)
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|
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| 21
| 24
| 27
| 29
| 32
| 35
| 38
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| Hygrométrie (en%)
| 10
| 18
| 21
| 24
| 27
| 29
| 32
| 35
|
| 20
| 19
| 22
| 25
| 28
| 30
| 34
| 37
|
| 30
| 19
| 23
| 25
| 29
| 32
| 35
| 40
|
| 40
| 20
| 23
| 26
| 30
| 34
| 38
| 43
|
| 50
| 20
| 24
| 27
| 30
| 31
| 42
| 49
|
| 60
| 21
| 24
| 28
| 32
| 38
| 45
| 55
|
| 70
| 21
| 25
| 29
| 34
| 41
| 51
| 62
|
| 80
| 22
| 25
| 31
| 36
| 45
| 59
| 69
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Source: sciences et techniques avicoles- sept 1997
Influence de la température et de l’humidité sur la thermorégulation des volailles.
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| Atmosphère froide
| Atmosphère chaude
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| Atmosphère humide
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Perte de chaleur par convection => plumage humide non isolant
Perte de chaleur par conduction => litière humide, pattes froides Perte de chaleur par rayonnement => parois froides
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Perte de chaleur par évaporation faibles ó l’air est déjà chargé en eau
Perte de chaleur par convection faibles ó peu de différence de température entre la peau de l’animal et l’air
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| Atmosphère sèche
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Les pertes par rayonnement et par convection sont moyennes à faibles ó les plumages isolent bien
Les pertes par conduction sont élevées par l’intermédiaire des pattes
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Les pertes par rayonnement et par convection sont faibles ó les plumages isolent bien et il existe peu de différence de température entre la peau de l’animal et l’air ambiant.
Les pertes de chaleur par évaporation sont fortes ó augmentation du rythme respiratoire
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Source: sciences et techniques avicoles- sept 1997
Une litière trop humide augmente l’activité microbienne produisant l’ammoniac.
L’ammoniac agit directement sur l’appareil respiratoire en diminuant la résistance aux infections ou comme facteur prédisposant à une maladie respiratoire clinique telle que la Newcastle. Pour ces raisons, il est suggéré qu’un niveau de 15 ppm d’ammoniac ne doit pas être dépassé. Dès 50 ppm on observe une réduction d’appétit et un retard de croissance chez des jeunes animaux.
L’éleveur peut intervenir de deux façon pour réduire l’ammoniac:
- éviter de remuer les litières à partir d’environ 25 jours d’élevage, afin de limiter les fermentation aérobies.
- Epandre, environ 2 fois par semaine, une fine couche de nouvelle litière. Il n’y a plus que très peu de NH3 produit, faute de déjections en contact avec l’air.
Le confort thermique des animaux peut de plus s’en trouver amélioré.
Alice MARTINET – 03 23 22 50 03* Mise à jour novembre 2008 |