Si la filière ponte était déjà soumise au dépistage salmonelle, désormais, la filière chair doit elle aussi dépister systématiquement les infections à Salmonella.
Les nouveaux arrêtés Salmonelles définissent les modalités du plan de lutte et de déclarations des salmonelloses aviaires dans les troupeaux de l’espèce Gallus en filière chair.
Le dépistage des infections à Salmonella est obligatoire dans tous les ateliers de poulets de chair
Le dépistage depuis le 1er janvier 2009 des infections à Salmonella Enteritidis et Salmonella Typhimurium doit être réalisé, à l’initiative de l’éleveur, dans tous les ateliers de plus de 250 poulets de chair. Des prélèvements de fientes (2 paires de chaussettes ou une paire de chaussettes + une chiffonnette) doivent être réalisés dans chaque bâtiment pour que l’analyse soit faite trois semaines avant l’abattage. Néanmoins, mieux vaut prendre une marge de sécurité et faire faire l’analyse au 23ème jour du lot car si un traitement antibiotique efficace contre les entérobactéries (type Baytril) est en cours, il faudra faire un prélèvement supplémentaire sur les parois et le matériel. L’analyse des prélèvements, à la charge de l’éleveur, doit être réalisée au sein d’un réseau de laboratoires agréés ou reconnus. Il est interdit de transférer un troupeau à l’abattoir avant notification du résultat de l’analyse. Ce résultat doit être transmis à l’abattoir et l’éleveur doit garder un exemplaire pendant au moins 2 ans.
Une dérogation pourra être obtenue après un an sans contamination et sous certaines conditions
Il peut être dérogé au prélèvement systématique de toutes les bandes de poulets de chair d'une même exploitation, après accord du directeur départemental des services vétérinaires, si l'ensemble des conditions suivantes est respecté :
- Le système tout plein-tout vide est utilisé sur l'ensemble de l'exploitation ;
- toutes les bandes sont gérées de la même façon ;
- les aliments et l'eau sont communs à toutes les bandes ;
- sur une année et pour au moins six cycles en élevage de poulets standard ou trois cycles en élevage de poulets label, la recherche de Salmonella a été réalisée pour toutes les bandes de l'élevage et des échantillons ont été prélevés sur tous les bâtiments pour au moins une bande par un agent de la direction départementale des services vétérinaires ou par le vétérinaire sanitaire ;
- tous les tests de dépistage de Salmonella sont négatifs vis-à-vis de Salmonella enteritidis ou Salmonella typhimurium au cours des six cycles précédents en élevage de poulets standard ou trois cycles en élevage de poulets label.
Dans ce cas, la dérogation permet alors de faire un dépistage de Salmonella sur une bande au minimum mais sur tous les bâtiments. Par contre le moindre résultat positif de recherche de Salmonelles entraîne la mise en place de mesures de police sanitaire extrêmement strictes (APDI), non seulement sur la bande contaminée mais sur tout le site d’élevage.
En cas de suspicion d’infection, les animaux sont bloqués et des analyses complémentaires doivent être faites
En cas de résultats positifs sur le prélèvement de fientes, le directeur départemental des services vétérinaires doit être prévenu immédiatement et l’élevage est mis sous APMS (Arrêté Préfectoral de Mise sous Surveillance). Les animaux sont alors bloqués et on recherche la présence de Salmonelles dans les muscles sur un échantillon d’une trentaine de volailles (nombre de volailles fonction de l’effectif).
Si le résultat s’avère négatif, les animaux ne peuvent sortir qu’après autorisation de la DSV. Les effluents d’élevage devront être éliminés. L’APMS n’est levé qu’après vérification par le vétérinaire sanitaire de l’efficacité du nettoyage et de la désinfection du bâtiment (réalisés par une entreprise agrée). L’introduction de nouvelles volailles dans l’élevage n’est autorisée qu’après levée de l’APMS.
Si l’infection est confirmée, les conséquences financières seront lourdes puisque l’abattoir ne pourra pas commercialiser normalement les volailles
Si l’analyse des muscles confirme l’infection à Salmonella enteritidis ou Salmonella typhimurium, l’élevage est placé sous APDI (Arrêté Préfectoral portant Déclaration d’Infection). Les animaux ne peuvent être commercialisés par l’abattoir qu’après un traitement thermique, à moins qu’il préfère les détruire. Quoiqu’il en soit les animaux ne pourront quitter l’élevage qu’après autorisation de la DSV. Les effluents d’élevage devront être éliminés ainsi que les aliments stockés sur l’exploitation. La DSV ne lève l’APDI que si le nettoyage et la désinfection du bâtiment (sous contrôle du vétérinaire sanitaire) sont faits par une entreprise agréée et que l’efficacité de la désinfection a été vérifiée. Tant que l’APDI n’est pas levé, il est interdit de mettre à nouveau des volailles dans l’élevage.
Alice Martinet
Crédit photo : Hygipro47 En cas d’infection confirmée seule l’opération de nettoyage désinfection peut être partiellement indemnisée par l’Etat
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