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Identification : le respect de l'identification s'impose

L’identification des bovins est le premier maillon  indispensable à la traçabilité des viandes réclamée par les  consommateurs.

La réglementation de  l’identification bovine en vigueur repose sur l’engagement de l’éleveur ;

sa régularité à notifier tous les évènements survenant au sein de son  troupeau permet d’avoir une photographie quasiment instantanée du  cheptel départemental, puis national (effectifs, mouvements,  échanges..). Le propos de cet article est de rappeler les règles  principales et d’alerter sur les incidences possibles d’un non respect  de cette réglementation.

L’éleveur : acteur de l’identification

La  réglementation de l’identification répartit les tâches entre les  différents intervenants : l’éleveur, l’Etablissement Départemental de  l’Elevage (E.D.E.) et l’administration. L’éleveur a signé un engagement  individuel lors de la mise en place de la réglementation en vigueur (fin  1998) ou lors de la création de son cheptel. Cet engagement reprend  toutes les obligations qui le concernent : commandes et gestion des  boucles sur l’élevage, détention d’animaux identifiés conformément à la  réglementation, notification des mouvements d’animaux, tenue du registre  des bovins, vérification de l’identité des animaux. La particularité  française réside dans le fait que la gestion de cette identification est  confiée aux E.D.E, organismes professionnels. La France est sous la  haute surveillance de l’Europe et localement, les E.D.E rendent  régulièrement des comptes à l’administration afin de lui prouver que  tout est mis en œuvre pour garantir cette traçabilité souhaitée.

7 jours ?

A  la naissance de ses veaux, l’éleveur a la responsabilité de poser  lui-même les deux boucles d’identification réglementaires et, au plus  tard, avant l’âge de 7 jours. Pour respecter cette contrainte, il est  primordial que l’éleveur ait un stock de boucles suffisant pour faire  face aux besoins de la campagne. En cas de doute, il ne doit pas hésiter  à faire une nouvelle commande auprès de l’A.I.E (1). Le délai de  livraison des boucles peut varier de 1 à 2 mois, suivant la date  effective de la commande. Aussi, avant la pleine période de vêlages, il  est important d’avoir prévu un stock suffisant !

C’est de ce même délai de 7 jours dont dispose l’éleveur  pour notifier à l’A.I.E tout mouvement :

naissances, entrées, sorties  d’animaux sur son cheptel, par l’intermédiaire de son bordereau de  notification. Toutes ces informations sont saisies et corrigées à  l’A.I.E sur la base de données d’identification locale, puis reprises  dans la base nationale. Pour le cas particulier d’un éleveur intéressé  par la validation de la filiation de ses veaux (partie au dos du  passeport), éleveur adhérant à l’Etat Civil Bovin, le dépassement de ce  délai pour notifier la naissance d’un veau engendre la non validation de  sa filiation. Le seul moyen dont il dispose alors pour récupérer cette  information est la réalisation d’un contrôle de filiation ; le coût  d’une telle analyse est de l’ordre de 33 Euros.

Le Bordereau de notification

Le  Bordereau de Notification est un document national officiel, normalisé,  enregistré sous le numéro CERFA (10826*01). L’éleveur le transmet à  l’A.I.E par courrier ou fax. Il est également possible de réaliser des  notifications en ligne, sur la grande région Nord Picardie, grâce à  l’outil SYNel (2), mais aussi à d’autres logiciels détenteurs. D’après  les bordereaux de notification qui lui sont transmis, l’A.I.E suit  l’évolution des stocks de folios sur chaque élevage et envoie  régulièrement de nouveaux bordereaux de notification, lorsque ces stocks  se réduisent fortement. Pour faciliter ce suivi, il est donc important  que les éleveurs utilisent, dans la mesure du possible, les folios par  ordre croissant de numéro et qu’ils informent l’A.I.E des folios perdus  ou détruits.

Ces bordereaux ont deux  parties : Naissances puis Entrées et Sorties. Pour chacun de ces types  de mouvements, l’éleveur doit renseigner les informations demandées.  Ainsi, pour les naissances, il doit obligatoirement compléter : le  numéro national, le sexe de l’animal, le type racial du sujet, mais  également celui de ses parents, la date de naissance, les numéros  nationaux d’identification de ses deux parents. Une partie grisée avec  des informations relatives au vêlage est à remplir uniquement par les  éleveurs adhérant à l’Etat Civil Bovin.

Lorsque le mouvement notifié est une entrée ou une sortie, si l’animal  concerné est issu d’un cheptel du département (et même des départements  du Nord, du Pas de Calais, de la Somme et de l’Oise), un certain nombre  d’informations sont déjà connues au niveau de la base I.P.G (3) ;  l’éleveur n’est alors pas obligé de reprendre les informations relatives  : au type racial (père, mère, sujet), à la date de naissance, au numéro  d’exploitation de naissance. Toutes les autres informations doivent  obligatoirement être complétées : date du mouvement, cause, acheteur ou  vendeur.

Lorsque le mouvement notifié  concerne un animal issu hors de la zone Nord / Pas de Calais /  Picardie, toutes les rubriques doivent absolument être renseignées.

Des animaux identifiés réglementairement

La  réglementation de l’identification bovine a vécu deux réformes sur  trois années de temps (95 et 98). Suivant la date de naissance des  animaux, différents types de situations peuvent se rencontrer concernant  les boucles officielles et agréées. Ces différentes situations ont été  présentées dans un article paru dans l’Agriculteur de l’Aisne du  12/04/02 : « Identification bovine : ce qu’il faut savoir ». Pour être  considéré comme correctement identifié, un animal doit avoir deux  boucles d’identification agréées (une sur chaque oreille), lisibles. En  cas de perte d’une boucle, l’éleveur doit s’empresser de procéder à son  remplacement en commandant une boucle de rebouclage auprès de l’A.I.E ;  sur le département, deux commandes de boucles de rebouclage sont  réalisées par semaine et permettent d’envisager raisonnablement une  livraison sous huit jours. Un animal ayant perdu ses deux boucles ou  avec aucune boucle lisible est considéré comme non identifié. Il risque  alors la destruction sans aucune compensation financière.

Des animaux avec leurs papiers

Côté papier, un bovin doit être accompagné d’un passeport conforme avec  le bon numéro d’identification national et de travail, le bon sexe et  le bon type racial renseignés. Sauf dans le cas d’une demande de prime  bovin mâle, tout animal présent sur le cheptel doit obligatoirement  avoir un passeport. D’un point de vue sanitaire, l’éleveur ne doit pas  négliger de vérifier la validité de son attestation sanitaire ou carte  verte.

Une Base nationale d’identification

La B.D.N.I. (4), qui  correspond à une fusion de toutes les bases locales d’identification, a  pour objectif d’assurer le suivi de l’animal au-delà de son département.  C’est à elle que se réfère l’administration pour éditer l’inventaire  des bovins qui permet le calcul du nombre d’U.G.B (5) pour le complément  extensif. Cette base est également à l’origine des formulaires de  demande de prime à l’abattage parvenus pré-remplis sur les élevages  ayant effectivement notifié des sorties d’animaux pour cause de  boucherie (B) ou auto-consommation (C) sur chaque trimestre. Ainsi,  l’éleveur notifiant régulièrement et complètement ses évènements n’a  plus qu’à signer (après vérification) cette demande et la retourner à la  D.D.A.F accompagnée des tickets d’abattage des animaux concernés, en  s’évitant une reprise fastidieuse de numéros, dates… A contrario, un  éleveur ayant négligé ses notifications de mouvements risque de ne pas  recevoir ce formulaire et de passer à côté d’une prime à laquelle il  aurait pu prétendre.

Des pénalités pour le non-respect de l’identification

Dans le cadre des contrôles sur les primes animales (PMTVA : vaches  allaitantes, PSBM : bovins mâles, complément extensif, PAB : prime à  l’abattage), les pénalités seront à appliquer en cas de non conformité  des animaux déclarés pour une demande de prime, mais également de non  conformité par rapport aux règles d’identification pour l’ensemble des  animaux présents sur l’exploitation. L’analyse est globale par  exploitation (et non par régime de prime et de demande) ; cela conduira à  l’application d’un taux unique annuel de pénalité sur l’ensemble des  demandes de primes déposées. Des contrôles « identification » sont  régulièrement organisés sur l’année pour vérifier le respect de la  réglementation en vigueur.

Outre les  pénalités financières sur les primes PAC, un éleveur, en infraction,  risque l’imposition d’une limitation de mouvements des animaux de son  cheptel par l’administration. Dans le cas d’animaux non identifiés,  l’éleveur risque l’euthanasie des animaux en question.

Les expériences passées ont démontré la nécessité du  respect de la réglementation, afin de viser la traçabilité des viandes,  seul moyen de limiter l’incidence sur les élevages d’éventuelles crises  au sein de la filière bovine. Au niveau de la production, cette  contrainte réglementaire peut se transformer en un atout par une  valorisation rapide de la masse d’informations transmises ; l’évolution  de la demande de la prime à l’abattage va bien dans le sens d’un  allègement des tâches de bureau des éleveurs. Pour que cela fonctionne,  il faut alors que la base locale d’identification soit une parfaite  image du cheptel départemental !

Pour  plus d’informations :

  • Pour plus  d’informations concernant le réglementation de l’identification bovine,  vous pouvez vous adresser à l’Etablissement de l’Elevage – tél. : 03 23  22 50 73.
  • concernant les primes  bovines PAC et la mise en application des contrôles et pénalités sur les  primes bovines, vous pouvez contacter votre animateur syndical ou la  section syndicale bovine au 03 23 22 50 16.

(1) : Aisne Identification Elevage

(2) : SYNel est un « outil éleveur » développé par les organismes  d’élevage de la région Nord Picardie qui travaillent avec l’A.R.S.O.E  (Association Régionale de Service aux Organisations d’Elevage) de Douai.

(3) : Identification Pérenne  Généralisée

(4) : Base de Données  Nationale

(5) : Unité Gros Bovins

Contact : Christian Lelièvre - Mise à jour : 02/04/09
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