L'épandage sur prairie après sédimentation, y compris en hiver, vous permettra de traiter l'ensemble de vos effluents liquides peu chargés.
Afin que ce soit les pâtures, et non les nappes, qui profitent de l'azote des effluents d'élevage, il est interdit d'épandre des effluents liquides non traités par une méthode agréée sur prairie de mi-novembre à mi-janvier.
En dehors de cette période, un épandage est possible à condition que le sol ne soit pas pris en masse par le gel ou enneigé de plus de 5 cm (pour éviter le ruissellement).
Il est également interdit d'épandre en période de forte pluviosité, et sur sol détrempé, mais cela ne pose en général pas de problème à un agriculteur soucieux du devenir de ses prairies, à moins qu'il manque de capacité de stockage. Dans tous les cas, il ne doit pas y avoir de ruissellement en dehors du champ d'épandage.
Pour les éleveurs soumis au règlement sanitaire départemental, l'épandage par aéro-aspersion est interdit (odeur et dispersion des germes) en l'absence de plan d'épandage approuvé par la DDASS.
Les éleveurs soumis au régime des installations classées ne peuvent utiliser un système d'aéro-aspersion sauf avec une filière agréée de traitement des effluents.
L'épandage sur prairie après décantation des matières grossières par un filtre à paille ou un bassin tampon et de sédimentation peut être réalisé y compris en hiver, à dose prédéfinie, sur des sols adaptés.
Les boues résultant de la décantation étant plus chargées en azote ne peuvent donc pas êtres épandues en hiver, et sont valorisées en période de pousse de l'herbe.
Ce système de traitement a été mis au point à l'origine pour facilité la mise aux normes des stabulations libres-services, génératrices de gros volumes d'eaux souillées. Ce genre de stabulation étant très présent en Normandie, c'est dans cette région que l'on trouve le plus de ce type de traitement. Un éleveur de Thiérache a adopté ce système avec satisfaction depuis un an, et plusieurs projets sont en cours d'étude ou de réalisation dans notre département.
Que peut-on traiter ?
L'intérêt essentiel de ce filtre, contrairement aux autres, est de pouvoir traiter l'intégralité des effluents peu chargés, dont le colostrum :
- Les eaux blanches issues du lavage du matériel de traite et de fromagerie.
- Le lactosérum.
- Le lait non commercialisable en petite quantité.
- L'ensemble des eaux vertes (quais de traite et aire d'attente).
- Les eaux brunes (aire d'exercice extérieure, et aire de raclage extérieure des déjections).
- Les lixiviats (purin dilué des fumières découvertes
- Les jus de silo.
- Les effluents domestiques, après passage dans une fosse toutes eaux spécifique et sous réserve de l'accord des autorités sanitaires.
Il ne permet pas de traiter :
- Le lisier (bouses de l'aire d'attente, raclage des aires d'exercice).
- Le purin de fumière couverte
- Le lait en grosse quantité.
Un fonctionnement simple : décantation, stockage réduit, épandage automatisé
- Le traitement primaire est réalisé soit par un filtre à paille auquel on joint un petit stockage, soit par un bassin tampon et de sédimentation avec stockage intégré ou non. Le but de cette première étape est principalement de piéger les matières grossières, mais également de neutraliser le pH de l'effluent, de traiter partiellement l'effluent, de stocker les boues, et d'assurer un tampon hydraulique en cas de forte pluie (orage notamment).
- Le traitement secondaire consiste à épandre cet effluent pré-traité sur prairie, y compris en hiver, à doses pré-définies, sur des sols suffisamment sains (oxygénés) en hiver pour pouvoir assurer un traitement efficace. Le sol ne doit pas être hydromorphe. C'est la condition indispensable pour pouvoir implanter ce type de filière de traitement.
- L'épandage est démarré par déclenchement manuel de la pompe dès que le sol est réssuyé. L'objectif est d'épandre aussi fréquemment que possible, afin de conserver un maximum de capacité de stockage en cas de mauvaises conditions (gel, neige, pluie, sol non ressuyé). La capacité de stockage est calculée afin de permettre un épandage dans de bonnes conditions dans 90% des cas. Dans l'Aisne, une étude statistique des conditions météorologiques a déterminé une capacité de stockage nécessaire de 11 jours, avec une pluviométrie moyenne sur cette période de 52 mm. La pluie d'orage estivale de référence sur une demi-heure est de 40 mm. La capacité de stockage est donc la somme du volume d'effluents produit sur 11 jours et de la valeur maximale entre la pluviométrie tombant sur les aires découvertes durant cette période et une pluie d'orage estivale de 40 mm.
- Pour des surfaces de moins de 1 Ha, et d'un point de vue pratique inférieure à 50 ares, cet épandage peut être réalisé par des tuyaux perforés à déplacer régulièrement. Pour des surfaces intermédiaires (entre 1 et 3 ha), cas le plus fréquent, vous pourrez utiliser des lignes de sprinklers. Enfin, pour des surfaces importantes, supérieures à 3 hectares (voir 1,5 ha), l'utilisation d'un asperseur autotracté s'avère plus adéquate. Enfin pour les très gros volumes, l'utilisation d'un asperseur porté derrière le tracteur est possible. Néanmoins, son coût et ses contraintes de mises en service limitent son utilisation à des conditions très particulières. Dans tous les cas, le matériel est à base pression (moins de 2 bars) et a une hauteur maximale de 1,5m pour limiter l'aérodispersion des germes et des odeurs.
La surface d'épandage minimale est déterminée par les doses maximales d'azote ammoniacal qu'il est autorisé d'épandre avec cette installation, notamment en hiver. Du 15 novembre au 15 janvier, la dose maximale d'azote ammoniacal est de 20 unités/ha (facteur en général le plus limitant). Du 1er · novembre au 31 mars, cette dose est de 65 unités/ha. De plus durant cette dernière période, il ne pourra pas être apporté plus de 400m3/ha. De début avril à début novembre, il est possible d'apporter au maximum l'équivalent de 150 unités d'azote minéral par hectare, dose très rarement atteinte dans notre région. La taille de la surface à épandre est donc directement liée à la quantité des effluents les plus chargés :
purin dilué et eaux vertes d'aire d'attente. Chaque parcelle est divisée en bandes d'épandage. Lorsqu'un épandage est terminé sur une bande, un délai d'un mois avant retour sur cette bande est à respecter. Il est nécessaire d'avoir une surface de prairie réglementairement épandable (distance des tiers, pente…), non hydromorphe, proche du filtre à paille ou du bassin tampon de sédimentation. La prairie doit être implantée depuis plus de 6 mois pour que le couvert soit efficace. Si elle est drainée, elle doit l'être depuis plus de 3 ans. Elle ne doit pas être pâturée en hiver, et ne recevoir aucun apport minéral ou organique de début novembre à fin avril en dehors des effluents traités. La prévention sanitaire induit un pâturage tournant afin de respecter un délai de trois semaines à un mois après épandage et avant le retour des bêtes. Il est également préférable de faire pâturer des animaux adultes moins sensibles à certaines pathologies.
Néanmoins, les suivis réalisés sur cette filière n'ont pas montré de risque sanitaire particulier vis-à-vis d'un épandage à la tonne à lisier. Elle a même trois avantages : les volumes d'effluents traités sont épandus en dehors de la période de pâturage, les matières grossières présentant un risque plus important sont concentrées, en cas de problème clinique important, il est plus facile et moins frayeux de traiter le petit volume stocké que celui contenu dans une grande fosse. Une possibilité d'extension de cette surface doit être envisagée, pour faire face à une éventuelle modification de l'élevage. La surface destinée à être épandue en effluents peu chargés peut être plus importante que le minimum nécessaire afin d'apporter une souplesse dans l'utilisation des prairies.
L'enregistrement des épandages doit être réalisé afin de pouvoir démontrer que ceux-ci sont conformes à la législation générale et au cahier des charges spécifique à cette filière de traitement. Un plan des parcelles épandues avec les différentes bandes d'épandage et leurs surfaces doivent être réalisés.
Contrainte d'implantation : une prairie proche et épandable
La contrainte principale d'implantation est liée à la nécessité de disposer d'une surface de prairie épandable, proche du corps de ferme, avec des sols profonds, à réserve utile moyenne à élever, peu hydromorphes, ce qui n'est pas toujours possible dans une zone comme la thiérache. La carte des sols de l'Aisne permet d'avoir une première approche, qu'il sera utile de confirmer sur le terrain. Les sols indiqués sur la carte avec un drainage faible ou pauvre sont à exclure. Il ne doit y avoir aucun ruissellement en dehors de la zone d'épandage.
La forme et la longueur de la parcelle sont également importantes de façon à pouvoir gérer facilement l'épandage. Une forme rectangulaire ou carré est préférable.
Le bassin tampon de sédimentation nécessite d'être drainé, le lieu d'implantation doit donc avoir un dénivelé suffisant (plus important qu'avec un filtre à paille).
Les systèmes de traitement font partie des annexes des bâtiments d'élevage. A ce titre, ils doivent être implantés à distance réglementaire des tiers et des cours d'eau.
Ce système de traitement est moins générateur d'odeurs qu'un épandage de purin. Cela tient au fait que l'effluent traité est très dilué et qu'il est épandu également en hiver. Néanmoins, l'épandage est plus fréquent et l'implantation des parcelles d'épandage vis-à-vis des vents dominants et des maisons sont à prendre en compte, en particulier en milieu péri-urbain. De plus, en cas d'utilisation d'un BTS (bassin tampon et de sédimentation), il est préférable de laisser lors du curage annuel (ou bisannuel) toujours un peu de boue (1/3 ou 1/4) afin que la croûte se reforme rapidement, ce qui contribue à limiter la production d'odeurs.
Un entretien limité mais à ne pas négliger
- Filtre à paille : Une fois par an, en fin d'été, il est nécessaire de curer les boues solides qui se sont accumulées dans le filtre. Il faut ensuite reconstruire la paroi filtrante avec des bottes de paille de bonne qualité (brins non brisés), bien sèches et bien serrées pour assurer une bonne filtration. Si vous disposez de grosses bottes de paille, il est conseillé de couper les ficelles sur la moitié inférieure afin d'assurer une bonne liaison entre celles-ci. L'ensemble de cette opération dure environ 6 heures. Une fois par mois, il est nécessaire de curer le caniveau qui entoure le filtre avec un balai ou une raclette. Il est conseillé de désherber sur une largeur de 50 cm autour du filtre pour éviter que la végétation colonise le caniveau.
- Bassin tampon et de sédimentation (BTS): Il faudra curer les boues du BTS, après malaxage, une à deux fois par an selon sa conception avec une tonne à lisier. Il est conseillé de vidanger partiellement les boues, afin que ce reforme le chapeau, ce qui aidera à limiter les odeurs.
- Le système d'épandage : Avec chaque système d'épandage, une pompe est présente pour assurer un débit suffisant et régulier permettant une bonne répartition de l'effluent pré-traité. Il faut veiller à son bon fonctionnement. Un témoin lumineux positionné dans le bloc traite sera là pour vous aider. Le déclenchement de l'aspersion a lieu au moins 3 à 4 fois par mois en période hivernale. La fréquence du déplacement du matériel d'épandage varie suivant la capacité du matériel par rapport au volume à épandre, la forme et la situation de la parcelle, et la période d'épandage. A titre indicatif, 2 tuyaux asperseurs épandent les effluents sur 5 ares avant d'être déplacés, une ligne de sprinklers couvre environ 34 ares, et des asperseurs autotractés peuvent couvrir entre 27 et 75 ares par passage suivant le modèle. La surface d'épandage nécessaire sur les 2 mois les plus contraignants étant de 1 à 3 ha en général, il faut déplacer les tuyaux asperseurs plusieurs fois par semaine (sauf pour les petits élevages), à raison de 10 minutes par déplacement. Avec une ligne de sprinklers, il faudra bouger la ligne 1,5 à 5 fois par mois (une à 2 fois par mois avec 2 lignes équipées), à raison de 20 minutes par déplacement. Enfin, avec un asperseur autotracté, il faudra le déplacer 2 à 5 fois par mois. D'une façon pratique, les éleveurs les déplacent en moyenne 3 fois par mois en hiver, à raison de 20 minutes à chaque fois. Malgré la robustesse de l'asperseur autotracté, confirmé en Angleterre et en Nouvelle Zélande ou il est très présent, il semble que son câble soit à changer environ tous les 3 ans, les buses tous les 2 ans, et les joints des bras de rotation tous les 3-4 ans. Les tuyaux perforés et les buses de sprinklers ont d'autant moins de risque de se boucher que la conception et la réalisation du filtre auront été soignées, et que l'entretien est correctement réalisé.
En conclusion, l'entretien est limité et le bon fonctionnement du filtre est assuré à condition de bien le réaliser au départ et de respecter son mode de fonctionnement.
Construction : tout faire pour une décantation efficace Le respect du cahier des charges pour la construction de ce filtre assure le bon fonctionnement et la pérennité de celui-ci. L'ouvrage que vous choisirez, filtre à paille ou bassin tampon et de sédimentation, pourra être réalisé en auto-construction.
1) Le filtre à paille :
Le filtre à paille est constitué d'une dalle bétonnée entourée d'une paroi filtrante en paille maintenue par un grillage et des poteaux. Un caniveau périphérique collecte l'effluent liquide filtré et l'envoie dans une fosse d'une capacité de 11 jours avant d'être épandu. Ce filtre est utilisable comme traitement primaire d'autres filières de traitement (lagunage, filtre planté de roseaux à 1 étage avec recyclage…). Sa surface varie en général entre 50 et 200 m².
- L'effluent arrive dans le filtre de façon gravitaire. Le dénivelé minimum doit donc être de 60 cm avec des petites bottes de paille et de 1,2 m avec de grosses bottes.
- Le caniveau périphérique de 50 cm de large est entouré sur le côté extérieur d'un muret de parpaings de 15 à 20 cm de haut.
- Une option consiste en la réalisation d'un mur longeant la dalle d'accès en pente, à la place du prolongement de la paroi en paille. Une seconde option consiste en la réalisation d'une paroi amovible pour le curage annuel, ce qui supprime la dalle d'accès.
- Les poteaux soutenant le grillage (5 x 5 cm en acier galvanisé) sont séparés d'un mètre. · A la sortie du caniveau, un regard grille permet de retenir les brins de paille.
- Pour éviter l'accès des animaux, le site est protégé par une clôture.
- Si vous désirez traiter les eaux usées de votre maison d'habitation avec ce filtre, il vous faudra obtenir l'autorisation des autorités compétentes.
Il faut veiller lors de l'implantation à pouvoir agrandir ces filtres dans le futur (évolution du cheptel, création ou extension d'une fromagerie…).
Schéma d'un filtre à paille vue de dessus
Filtre à paille avec de grosses bottes
2) Le bassin tampon et de sédimentation (BTS)
Ce bassin est un décanteur qui se présente sous forme d'une fosse, avec un ou deux compartiment. Ce filtre est utilisable comme traitement primaire d'autres filières de traitement (lagunage, filtre planté de roseaux à 1 étage avec recyclage…). Sa capacité varie en général entre 100 et 200 m3.
- L'effluent arrive sur un tabouret qui a pour but de casser le flux de l'effluent, et de limiter la remise en suspension des boues (décantées et flottantes). Il se présente sous forme de regard aménagé ou d'un gros tuyau perpendiculaire à l'arrivée d'eaux souillées avec des fentes orientées vers le mur du BTS. L'efficacité de cette zone d'admission est essentielle pour le bon fonctionnement de la filière.
- Le premier compartiment du BTS stocke les boues sur au moins 30 cm de hauteur, comporte en permanence une hauteur de liquide de 60 cm minimum pour la décantation, et une revanche (pour l'arrivée et la sortie des tuyaux) de 20 cm. Le reste de la hauteur est consacré au stockage des effluents pour onze jours de production et, à la valeur maximale entre une pluie de 52 mm sur 11 jours ou à une pluie d'orage estivale de 40 mm. Ce compartiment est au minimum 2 fois plus long que large, afin que la décantation soit efficace. Le niveau bas (minimum après épandage) correspond à la hauteur de boue auquel s'ajoute la hauteur de liquide pour la décantation. Le transfert vers le second compartiment est réalisé par un ou plusieurs (selon le débit de la pompe de vidange) té siphoïde de 100 mm plongeant à mi-profondeur du niveau bas. Un second tuyau de diamètre équivalent à celui de l'arrivée plonge à la même profondeur que le précédent et relie le second compartiment afin d'éviter un éventuel débordement. Il peut être réalisé en béton, en parpaings banchés enduits, ou en géomembrane. Le second compartiment sert de complément au stockage, et à la reprise de l'effluent prétraité. Il a une largeur minimale de 75 cm. Il est situé à l'opposé de la zone d'arrivée de l'effluent et de la zone de reprise des boues.
- Le premier compartiment peut être constitué par une fosse (d'au moins 8 m de diamètre si elle est circulaire), et le second par une colonne de puisage.
Le BTS est drainé et entouré d'une clôture de sécurité.
Schéma de principe d'un bassin tampon et de sédimentation
Bassin tampon et de sédimentation d'un libre-service avec sa pompe
3) Une installation d'épandage à adapter à la surface à épandre
- Une pompe est positionnée dans le deuxième compartiment du BTS (ou colonne de puisage), ou dans la fosse située en aval du filtre à paille. Elle assure une pression constante qu'il faudra régler à la mise en place. Elle dispose de poires de niveaux bas et haut, et d'une horloge de programmation pour enregistrer la durée d'épandage et donc le volume épandu. Cela permet de compléter le cahier d'épandage et de s'assurer que les doses épandues respectent le cahier des charges. Son déclenchement est manuel. Le tableau de commande de la pompe doit être situé dans un lieu de passage quotidien. Un filtre à particule est situé en aval de la pompe.
- Pour une surface à épandre de moins de 50 ares : l'utilisation de 2 tuyaux perforés de 30 m chacun, semble une solution adaptée. L'épandage est de 4mètres de part et d'autre des tuyaux. Le tuyau est bouché à l'extrémité, et doit être perforé tous les 50 centimètres avec deux trous diamétralement opposés. Pour améliorer la répartition longitudinale, il est recommandé de faire des trous de 8 mm sur le 1er tiers du tuyau, de 10 mm sur le 2ème tiers et de 12 mm pour le dernier tiers. Ces tuyaux souples sont reliés tous les 8 mètres à une nourrice fixe.
- Pour une surface de 0,5 à 3 hectares, mais de moins de 1,5 ha en pratique : l'équipement d'une parcelle avec une ou plusieurs lignes de sprinklers est une solution bien adaptée. Une nourrice enterrée relie la capacité de stockage (de 11 jours) à la parcelle d'épandage en longeant cette dernière. Elle est équipée de regards avec vanne qui alimentent chacun une ligne d'épandage. Sur chaque ligne est disposé tous les 15 à 18 mètres un regard qui alimente grâce à un raccord rapide un tuyau de quelques mètres avec son sprinkler. Les asperseurs semblent pouvoir également êtres disposés directement sur la ligne. Le réglage de la pression est effectué avec un manomètre situé le plus près possible du premier asperseur au environ de 1,6 à 1,8 bar. Lorsqu'une bande est épandue, il faut déplacer la ligne de 8 sprinklers sur une seconde ligne. L'intensité de l'épandage est faible 4 mm/heure, ce qui limite fortement le risque de ruissellement. Le nombre de lignes doit être déterminé avec soin afin de pouvoir gérer facilement le pâturage et de minimiser les interventions à réaliser pour cet épandage.
- Pour une surface de plus de 3 hectares, mais de plus de 1,5 ha en pratique : l'asperseur autotracté est la solution la plus pratique. Chaque bordure de parcelle est alimentée par une nourrice et des regards. Un tuyau souple relie ce regard d'alimentation et l'asperseur. La pression de l'effluent généré par la pompe fait tourner le bras d'épandage. En pivotant ce dernier fait tourner une roue dentée qui permet d'enrouler un câble métallique de 150 à 300 m selon le modèle d'asperseur choisi (3 modèles fonctionnant à plus de 3 000 exemplaires dans le monde). L'asperseur suit ce câble qui est fixé à l'autre extrémité de la parcelle.
Vous devez donc relier le tuyau d'alimentation au regard, disposer l'asperseur dans le sens d'épandage, fixer (à la main) le câble en acier avec un piquet au point d'arrivée de l'asperseur, et déclencher la pompe. Lorsque l'asperseur arrive en bout de parcelle, il s'arrête automatiquement. Vous devez ensuite renouveler cette opération. A titre indicatif, chez un éleveur de Loire Atlantique, cette opération prenait 15 minutes pour 8 heures de fonctionnement avec un débit de pompe de 8 m3/heure. L'ensemble de l'installation est déplaçable manuellement.
Tuyaux perforés pour moins de 50 ares à épandre
Ligne de sprinklers pour moins de 1,5 ha épandu
Asperseur autotracté pour plus de 1,5 ha d'épandage
Exemple de dimensionnement d'une filière
Chaque exploitation a ses caractéristiques propres. La taille de la filière est donc très spécifique à votre exploitation.
A titre indicatif, 3 situations vous sont présentées en zone moyennement pluvieuse (Vervins), avec une vidange de la fumière une fois par an.
| Descriptif de l'élevage
| 30 vaches laitières en semi-paillé. Accès auge raclé avec fumier mou à compact. Fumier de l'aire de couchage stocké au champ. Salle de traite épis 2 x 3, aire d'attente paillée. Fumière 124 m², aire de transfert de 40 m².
| 60 vaches laitières en logette avec 100% de fumier mou. Salle de traite épis 2 x 6. Fumière de 538 m² et aire de transfert de 144 m².
| 120 vaches laitières en logette avec 100% de fumier mou. Salle de traite TPA 2 x 10. Fumière de 1076 m² et aire de transfert de 144 m².
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| Taille du BTS (Bassin tampon et de sédimentation) ou du FAP (Filtre à paille) avec son stockage nécessaire.
| BTS : 31 m3 (5 x 2,5 x 2,5) Ou FAP : 70 m²(11 x 6,3m extérieur) + 22 m3 réels de fosse couverte + 23 petites bottes de paille par an.
| BTS : 125 m3 (10 x 5x 2,5) Ou FAP : 162 m²(18 x 9m extérieur) + 87m3 réels de fosse découverte + 39 grosses bottes de paille par an.
| BTS : 231 m3 (13,6 x 6,8 x 2,5) Ou FAP : 250 m²(25 x 10m extérieur) + 154 m3 de fosse découverte + 54 grosses bottes de paille par an.
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| Surface d'épandage minimum nécessaire.
| 0,60 ha
| 3,09 ha
| 6,18 ha
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| Contrainte d'épandage avec un exemple d'équipement
| 2 tuyaux perforés à déplacer tous les 6 jours en moyenne, ou 4 tuyaux toutes les 2 semaines en hiver. Autre solution : 2 lignes de sprinklers à déplacer une fois par mois.
| 9 lignes de sprinklers. Avec 5 lignes équipées, il faut déplacer les sprinklers de l'autre côté de chaque ligne une fois tous les deux semaines, et l'ensemble des sprinklers une fois par mois en période hivernale. Autre solution : asperseur autotracté modèle moyen à déplacer une fois par semaine minimum (parcelle de 200 m de long).
| Il faut déplacer l'asperseur autotracté grand modèle une fois par semaine minimum (parcelle de 300 m de long).
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| En cas de non traitement : capacité de fosse nécessaire et volume à épandre annuellement.
| Fosse de 232 m3, et 335 m3 d'effluents à épandre.
| Fosse de 828 m3, et 1 152 m3 d'effluents à épandre.
| Fosse de 1 504 m3, et 2 073 m3 d'effluents à épandre.
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Conclusion
Le traitement des effluents peu chargés par épandage sur prairie y compris en hiver après décantation n'est pas une solution parfaite mais une alternative au tout stockage digne d'attention. Elle nécessite la présence d'une parcelle épandable non hydromorphe à proximité de l'exploitation. C'est la filière qui traite le plus de types d'effluents d'élevage. Son bon fonctionnement nécessite une attention particulière lors de sa réalisation et de son entretien. La contrainte du déplacement du matériel d'épandage en hiver peut être limitée en adaptant le type et la taille de l'installation d'épandage à vos besoins.
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