Usaa Chambre d'Agriculture
Effluents d'élevage
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Fumier ou compost de fumier.

PMPOA : Fumier ou lisier ?

CA DEPEND

  • La mise aux normes des bâtiments d’élevage avance régulièrement. Pour  chaque exploitation mise aux normes, le choix fumier ou lisier reste  difficile mais conduit dans la quasi-totalité des cas à l’abandon des  systèmes mixtes. Ce choix n’est pas exclusif. Si les aspects  réglementaires, environnementaux et sanitaires apparaissent comme plus  favorables au système orienté fumier, c’est bien souvent le critère  économique qui tranche en dernier recours, en faveur du lisier. Cela  compte tenu des sommes mises en jeu dans une mise aux normes reste  parfaitement compréhensible. IL ne faut pourtant pas oublier que le  choix d’un système conditionne au minimum sur 15 à 20 ans, outre le  niveau d’investissement, les conditions de travail de l’éleveur, la  gestion de fertilisation, le confort des animaux et l’image de  l’exploitation.

Avec le fumier, de sacrées économies d’engrais minéraux                                                                                        

VRAI.

Tous  les effluents organiques et en particulier le fumier contiennent des  éléments fertilisants comme l’azote, le phosphore, la potasse, la  magnésie, le calcium et des oligo-éléments comme le cuivre ou le zinc.  La disponibilité de des éléments n’est pas totale immédiatement et seule  une partie est réellement disponible immédiatement après l’épandage  pour la culture suivante. Néanmoins, on estime que sur une monoculture  de maïs, un épandage annuel de 30 tonnes de fumier conduit à une  autosuffisance en azote, phosphore et potasse ce qui représente près de F  d’économie par an.                                                                                                                                                                                                                        

On peut épandre le fumier quand on veut.                                                                                                                  

FAUX.

L’ensemble  des effluents d’élevage dépend dans le département de l’Aisne d’un  calendrier d’épandage précis (voir ci-contre). Les fumiers peuvent être  épandus avant un maïs à partir du 1er  septembre. Pour les épandages entre le 1er  juillet  et le 31 août, ils devront être suivis de l’implantation d’une culture  intermédiaire. Celle-ci sera implantée au plus tard le 15 septembre et  détruite au plus tôt le 1er  novembre si elle a été implantée avant le  25 août et le 15 novembre dans les autres cas.

Quant aux épandages le week-end, sauf arrêté  municipal particulier, rien ne les interdits si ce n’est les relations  de bon voisinage. La campagne n’appartient plus exclusivement aux  agriculteurs et les épandages d’effluents le week-end en particulier  l’été ne sont pas particulièrement appréciés des promeneurs ou des  campagnards non agricoles.  

                                                                                                                                                                                     Je peux stocker mon fumier au champ

VRAI.

Après  un stockage de deux mois sur l’exploitation, les fumiers compacts  pailleux peuvent être stockés sur la parcelle d’épandage sans  installation particulière. Le tas devra être épandu dans l’année et les  emplacements de stockage devront changer tous les ans.

Le compost est un fumier

VRAI.

Le  compost est une sorte de fumier travaillé et homogénéisé. Un fumier  laissé en tas en bord de champs chauffe très fortement au cœur du tas :  les microorganismes – bactéries et champignons naturellement présents  dans le fumier – décomposent la matière organique en consommant de  l’oxygène. Dès que celui-ci vient à manquer au cœur du tas, le fumier  commence à pourrir (écoulement de jus). En retournant le tas, une ou  deux fois sur une période de 1 mois, on renouvelle la disponibilité de  l’oxygène et on étend le travail des microorganismes à l’ensemble du tas  de fumier. On obtient un fumier évolué ou compost qui continuera à  évoluer mais beaucoup plus lentement.

Le compost, c'est pour l'agriculture biologique

FAUX.

Les  agriculteurs biologiques ont eu l’initiative du compostage. L’intérêt  majeur à leurs yeux est que le compost est assaini : l’élévation de la  température du tas, liée à la décomposition en présence d’oxygène,  permet de tuer les germes pathogènes présents dans le fumier et de  stériliser les graines d'adventices. Par ailleurs, le compost, véritable  amendement, est un gage du maintien de la fertilité des sols.

Cependant, cet usage ne leur est pas  exclusif. Le compost, produit fin et assaini, est intéressant pour tous  les éleveurs, notamment sur prairies car l’épandage de compost ne gène  pas le pâturage des animaux.  

                                                                                                                                                                                      Le compost, ça coûte cher et ca prend du temps

FAUX.

Si  l’on compare un chantier du fumier composté à un chantier traditionnel,  depuis la vidange de la stabulation jusqu’à l’épandage, les coûts sont  tout à fait comparables. En effet, le surcoût lié au compostage est  compensé par l’économie réalisée à l’épandage : deux fois moins de  matière à épandre et utilisation possible d’épandeurs sur grande  largeur.

Le principal  intérêt économique du compostage réside dans le temps de travail  économisé pour l’épandage et le décalage des travaux qui permettent une  souplesse des chantiers. Estimation pour 500 tonnes de fumier : 30  épandeurs et 12 heures d’économisés.

En outre, il faut prendre en compte les petits plus du compost  qui sont difficilement chiffrables : une usure moindre du matériel  d’épandage car le produit est émietté, une économie d’engrais sur  prairies et une économie potentielle d’herbicides car le produit est  assaini.

Attention, ces  chiffres constituent une moyenne : chaque cas mérite d’être examiné en  fonction de l’éloignement du parcellaire, des quantités gérées, etc.

En compostant, je perds des éléments fertilisants

FAUX.

La  composition du fumier évolue au cours du compostage. En effet, les  éléments qui sont sous forme minérale passent sous forme organique,  comme l’azote par exemple. On peut constater quelques pertes d’azote  durant le compostage principalement sous forme de gaz ; si le compost  est fabriqué correctement, les pertes par les jus d’écoulement sont très  faibles. Globalement, les pertes en azote peuvent atteindre 20 % de  l’azote présent dans le fumier. Cependant, elles ne semblent pas  supérieures à celles d’une chaîne fumier classique – pertes en bâtiment,  stockage et épandage

  • ( source : institut de l’élevage),  et sont même inférieures à celles d’une chaîne lisier, surtout pour les  pertes d’ammoniac à l’épandage.

Concernant le phosphore et la magnésie, les concentrations sont  doublées puisque l’on a la même quantité d’éléments fertilisants dans  moitié moins de produit. Pour mémoire, le processus de compostage  diminue la masse environ par deux : les pertes se font sous forme  gazeuse (eau et dioxyde de carbone).

La potasse constitue un cas particulier car elle est fortement  lessivable, c’est-à-dire qu’elle se dissout dans l’eau qui circule dans  le tas. Elle est donc susceptible d’être perdue dans les jus  d’écoulement. Néanmoins, le problème est le même pour un fumier en  dépôt.

Composter réduit les odeurs

VRAI.

Le  processus de compostage fait intervenir des microorganismes qui, en  présence d’oxygène, vont décomposer la matière organique jusqu’à ce  qu’elle soit stable. Le compost final ne fermente donc plus : il n’y a  plus de dégagements de mauvaises odeurs. Comme les mauvaises odeurs  viennent de la décomposition en absence d’oxygène, il n’y a en a pas non  plus pendant le compostage, s’il est bien réalisé.  

                                                                                                           

Je peux épandre le compost et le fumier aux mêmes endroits

FAUX.

Les  fumiers ne peuvent être épandus à moins de 35 mètres des rivages, des  berges, des cours d’eau, des puits, forages, sources destinées à  l’alimentation en eau potable ou à l’arrosage des cultures maraîchères,  200 mètres des lieux de baignade, 500 m des piscicultures, 100 mètres  des habitations sauf si enfouissement sous 24 h.

Les composts peuvent être épandus à moins de 100  mètres des habitations sans enfouissement sous 24 h obligatoire. Cela  peut permettre de gagner quelques surfaces sur prairies notamment  lorsque la surface d’épandage est juste.  

                                                                                                                                                                                      Conclusion : compost ou fumier, faut-il choisir ?

Pas forcément. Généralement, les agriculteurs qui ont  adopté la pratique du compostage ne traitent pas tout leur fumier. Une  partie du fumier est conservée pour être épandue avant les têtes de  rotation. L’autre partie est compostée pour être valorisée sur les  prairies.

Processus du compostage :

Les  bactéries et champignons naturellement présents dans le fumier  décomposent la matière organique en consommant de l’oxygène. Dès que  celui-ci vient à manquer au cœur du tas, le fumier commence à pourrir.  En retournant le tas, une ou deux fois sur une période de 1 mois, on  obtient un fumier évolué appelé compost qui continuera à évoluer mais  beaucoup plus lentement.

Contacts
Maison de l’agriculture de l’Aisne - 1 rue René Blondelle - 02007 Laon - Picardie - Tél - 03 23 22 50 50