Les repères, les objectifs
1/ CHOISIR : les points à savoirLE GABARIT
Pour des travaux de traction, un long empattement est préférable pour stabiliser l’ensemble. On choisit généralement des pneus de diamètre supérieur (ex : un 20.8R42 au lieu d’un 20.8R38), pour diminuer la résistance au roulement et améliorer la capacité de traction.
LE MOTEUR
Les moteurs récents délivrent leur puissance maximale dès les bas régimes (1600-1900). Mieux vaut travailler dans cette plage de régime car, à performances égales, le couple moteur y est plus important et la consommation moindre.
LE RELEVAGE AVANT
Il permet d’ajuster le lestage en fonction du travail et de limiter le nombre de passages par l’adjonction d’un outil. Pour les outils lourds (charrue, décompacteur), l’utilisation d’un contrôle de position est primordiale.
LE LESTAGE
En statique, la répartition AV-AR doit être proche de 50-50. Ainsi, au travail, elle passe à 35-65, ce qui correspond au rapport des surfaces de contact entre le sol et les pneumatiques. Pour transmettre le maximum de puissance, le poids du tracteur doit se rapprocher de 55kg/ch.
LE RELEVAGE
Le contrôle d’effort est un outil efficace pour lutter contre le patinage et les baisses de régime; il permet au tracteur de franchir les difficultés, mais c’est au détriment de la régularité de profondeur de travail. Le taux de patinage augmente avec la capacité de traction jusqu’à 20-25% sans perte de rendement, il n’est pas indispensable de travailler avec moins de 15%
L’OUTIL
Il doit être bien réglé et bien entretenu ; les rechargements et rajouts de matières excessifs augmentent l’effort de traction et le rendent difficile à conduire et à régler.
L’ATTELAGE
Pour faciliter la traction, il faut que les directions des bras d’attelage et du 3eme point se coupent à l’avant du tracteur. Les bras d’attelage doivent donc travailler légèrement inclinés vers l’arrière, et le 3eme point incliné légèrement vers l’avant.
LES PNEUMATIQUES
La hauteur favorise la capacité de traction. On optera pour un rapport supérieur ou égal à 70. A hauteur et largeur de roues égales, on préférera un diamètre de jante inférieur: par exemple, un
650-75R34 plutôt qu’un 650-65R38. Au champ, abaisser la pression dans les limites des préconisations permet de mieux débourrer et donc de transmettre la puissance.
2/ UTILISER : un exemple de valorisation de la puissance, la charrue avantDONNEES TECHNICO-ECONOMIQUES
Chantier 1 : tracteur de 155 chevaux avec une charrue potée de 4 corps et une charrue avant de 3 corps.
Chantier 2 : tracteur de 185 chevaux, et charrue semi-portée de 7 corps.
|
|
Chantier 1
|
Chantier 2
|
|
Tracteurs
|
65 000 €
|
72 000 €
|
|
Charrues
|
Total : 15 300 €
|
Total : 18 000 €
|
|
Relevage avant avec contrôles
|
5 500 €
|
|
|
Total investissements
|
85 800 €
|
90 000 €
|
|
Coût du chantier
|
29 €/ha
|
34 €/ha
|
L’avis du conseiller
|
|
Chantier 1
|
Chantier 2
|
|
Avantages
|
– Meilleure utilisation de la puissance du tracteur
– Amélioration de l’adhérence
– Polyvalence en conditions humides
– Coût de chantier moins élevé
– Maniabilité en fin de parcelle
|
– Chantier performant en bonnes conditions
– Simple d’utilisation
|
|
Limites
|
– Mises au point importantes
– Sécurité au transport
– Nécessité d’un relevage avant
performant
|
– Défaut d’adhérence en conditions humides
– Coût de chantier plus élevé
– Favorise le suréquipement
|
TEMOIGNAGESà Christophe MOREAU, agriculteur à Hargicourt
Nous voulions garder un gabarit de tracteur moyen, tout en améliorant nos débits de chantier de labour. Du coup, l’investissement s’est naturellement réorienté vers le relevage avant et une charrue frontale.
à Hubert DEFRANCQ, Ets LAFORGE à Guignicourt
Il vaut mieux transférer le poids des outils avant sur le tracteur plutôt que de porter des masses mortes pour valoriser cette puissance. Il faut que l’utilisateur en soit convaincu, et pour ce faire, lui simplifier au maximum l’utilisation et les réglages de cet outil avec des automatismes adaptés.
à Société DEMBLON – Charrues à Soissons
La charrue avant, comme un gouvernail, augmente les défauts de réglage, mais si l’on trouve le bon point d’équilibre, cela va aussi bien qu’une charrue semi-portée. La maniabilité au champ, pour faire une parcelle en pointe, par exemple, est bien meilleure.
à Michel TROCMET, Lycée R.Schuman à Chauny
Répartir l’effort sur les 4 roues motrices implique d’utiliser au mieux le poids adhérent. Les relevages avant évolués, équipés d’asservissements, peuvent être considérés comme des outils actifs, à l’inverse des simples porte-masse.
3/ RÉGLER ET ENTRETENIRRÉGLER LE MOTEUR : gagner de l’argent et de la puissance
Les Chambres d’Agriculture et FDCUMA de Picardie ont passé plus de 250 tracteurs au banc d’essai depuis 2001.
Les résultats sont frappants :
· La puissance à la prise de force mesurée est en moyenne supérieure de 7 % par rapport à l’origine.
· La consommation mesurée est en moyenne supérieure de 11 % par rapport à l’origine.
· Le rendement moyen est donc inférieur de 4 % par rapport à l’origine, allant parfois jusqu’à 31%
à Ceci se traduit par, pour un tracteur de 150 chevaux, utilisé 600 heures par an, par une perte moyenne de 120€ par an, allant parfois jusqu’à plus de 1000€ par an !
Parlez-en à votre conseiller!
ENTRETENIR RÉGULIÈREMENT : économie et longévité
Un entretien suivi de votre tracteur lui assure performances et longévité. Les pannes par défaut d’entretien sont toujours plus coûteuses que l’entretien lui-même, et surviennent toujours dans des périodes d’utilisation intensive.
L’entretien ne se limite pas à la vidange du moteur et au coup de soufflette sur le radiateur !
Il faut veiller au suivi régulier des points suivants : filtre à air, filtres hydrauliques, vidange et niveaux de boite de vitesse, circuit de relevage, ponts et réducteurs, liquide de refroidissement, circuit de climatisation, tarage des injecteurs, garde de l’embrayage, pression des pneumatiques …
Parlez-en à votre marchand réparateur !
Contact: Mathieu DAULLE
Chambre d’Agriculture de l’Aisne
Fédération départementale des CUMA
Ce document a été réalisé par les conseillers machinisme des Chambres d’Agriculture et de la Fédération des CUMA de Picardie.
|