Allier une plus grande capacité de stockage avec une sécurité de l’outil de travail
A Bucy-les-Pierrepont, Pierre Coulbeaut exploite en polyculture sur plus de 200 ha.
Il y a 2 ans , il stockait son azote liquide dans une cuve wagon de 30 m3 à raison de deux remplissages par an.
« Je savais que ma cuve était ancienne et qu’elle était susceptible de se percer à tout moment. Si je perdais de l’azote, je perdais de l’argent et j’endommageais assurément la nappe phréatique » Le risque dont parle Monsieur Coulbeaut n’est pas négligeable. Ces dernières années, le nombre d’accidents est en nette progression. Les causes sont diverses : matériel vétuste, vanne défectueuse, erreur de manipulation ou vandalisme …
En cas de fuite, l’azote s’infiltre très vite et n’est plus visible mais il représente une poche de concentration d’azote qui descend plus ou moins lentement vers la nappe et qui peut remettre en cause la potabilité de l’eau distribuée si un captage est puisé dans cette ressource.
« L’idée pour moi, c’était d’allier une plus grande capacité de stockage avec la sécurité de l’outil de travail » indique Monsieur Coulbeaut.« Quitte à renouveler la cuve, autant faire les choses proprement avec un bac de rétention, même si je n’étais pas obligé de le faire aux yeux de la réglementation.
« C’est surtout le discours de mon assureur qui m’a incité à « faire quelque chose » »
Une haie arbustive est envisagée pour intégrer l’ouvrage aux abords de la ferme.
Pierre Coulbeaut s ‘inspire donc des recommandations de son assureur et commence les travaux en juillet 1998. Il n’a pas le temps nécessaire pour faire lui-même les travaux et laisse la réalisation de l’ouvrage à des professionnels. Le coût du bac de rétention s’élève à 650 F le m3. « Aujourd’hui, mes projets sont de l’ordre de l’esthétique» précise Pierre Coulbeaut. « Je reconnais que ce type de stockage est très imposant aux abords de la ferme, j’envisage prochainement d’implanter une haie autour du bac ».
La cuve souple dans une ancienne étable
Frédéric Maudens, agriculteur à Fontaine les Clerc en bordure de Somme, a lui opté pour la cuve souple.
« Au départ, je dois reconnaître que mon premier problème était la capacité de stockage. J’ai toujours travaillé avec un wagon de 25 m3. Trop juste en stockage, pour mon exploitation de 100 ha en polyculture, il fallait trouver une solution. »
Sur son exploitation qui surplombe la Somme et ses marais, Monsieur Maudens a l’avantage de posséder un grand corps de ferme et des bâtiments inutilisés. Réalisée sur mesure, 5,70m x 8,90m , la cuve souple de 30 m3 a trouvé place dans une ancienne étable.
« Ce local était adéquat » précise Monsieur Maudens. « J’ai d’abord démonté les bacs d’alimentation puis cimenté les murs extérieurs avec un enduit hydrofuge. J’ai ensuite étanchéifié le tout en montant un muret à la porte de l’étable. » La présence de bâtiments reste un facteur primordial pour ce type d’installation.
Prêt à renouveler l’opération
Les travaux, réalisés par l’agriculteur, prouvent la rapidité et la simplicité de ce système. Les coûts cumulés d’achat de la cuve et d’étanchéification de l ‘étable engendrent une moyenne de 600 F le m3 « Aujourd’hui, je suis amplement satisfait de cet outil de travail. » précise Frédéric Maudens. L’assureur est venu expertisé l’ouvrage. Je travaille en toute confiance. Pour ce qui est de mon ancien wagon qui sert encore, j’envisage peut-être de le recycler en cuve à eau. Il est alors probable que je renouvèle l’expérience du stockage d’azote en cuve souple dans une étable voisine »
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Monsieur Maudens et Monsieur Coulbeaut font partie des 10% d’agriculteurs de l’Aisne qui sont équipés d’un système rétention pour les stockages d’azote. Ils ont avancé de manière volontaire puisque la réglementation départementale ne l’impose actuellement pas pour les volumes inférieurs à 100 m3. Ce qui les intéresse aujourd’hui, c’est de travailler en sécurité et en concordance avec le discours des assurances.
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