Usaa Chambre d'Agriculture
Cultures intermédiaires

Intercultures, végétaux, technique...

Environnement

Cultures intermédiaires : Implanter vite et simple.

Pratique volontaire ou obligatoire, l'implantation des cultures  intermédiaires reste un des plus sûr moyens de piéger les nitrates à  l'interculture.

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Cette technique aujourd'hui bien connue, ne nécessite pas comme on le croit encore trop souvent une implantation lourde et fastidieuse.

60% des semis réalisés sont encore des semis en ligne. Et pourtant, la mise en place de culture intermédiaire peut ne pas engendrer de façons culturales lourdes supplémentaires ni de surcoûts importants. Le semis peut être réalisé en même temps qu'une autre façon culturale.Quelques règles simples permettent d'agir au mieux : gain de temps et efficacité de l'implantation.

Implanter suffisamment tôt

Pour que l'efficacité de ces pièges à nitrates soit maximale : il faut agir tôt, dès la moisson. Néanmoins, après escourgeon, il est préférable d'attendre la première levée de repousses avant d'implanter. En effet l'enrichissement des eaux souterraines par les nitrates d'origine agricole est lié à la présence d'un stock d'azote nitrique dans le sol à l'entrée de l'hiver. Ce stock d'azote résulte de l'excédent d'azote non utilisé par la culture précédente et présent dans le sol à la récolte et de la minéralisation des matières organiques des sols. En conséquence, le stock sera d'autant plus important que l'objectif de rendement de la culture précédente a été surestimé ou non atteint ou que les apports de produits organiques à l'automne ont été importants. Sans culture intermédiaire implantée dès l'automne, cet azote n'est pas utilisé.

A la reprise du drainage, ces nitrates sont entraînés en profondeur, hors de la zone d'exploration des racines.

C'est de l'azote perdu pour la culture suivante.La culture intermédiaires implantée tôt pompe l'azote minéral du sol et une partie de l'eau drainante, réduisant ainsi considérablement le stock d'azote potentiellement lessivable (cf. graphique).
Choisir sa technique d'implantation
60% des semis réalisés sont encore des semis en ligne. Et pourtant, la mise en place de culture intermédiaire peut ne pas engendrer de façons culturales lourdes supplémentaires ni de surcoûts importants. Le semis peut être réalisé en même temps qu'une autre façon culturale.Dans tous les cas, il faut limiter le nombre de déchaumage avant les semis pour éviter les lits de semence trop desséchés et rappuyer efficacement le sol au moment du semis (rouleaux lourds, croskill…).

Les semis en ligne :

Le sol est travaillé sur 5 à 10 cm de profondeur. La semence est positionnée loin du fond de travail plus humide et s'expose au dessèchement. Il est intéressant pour les espèces à grosse graine qui demandent une profondeur de semis plus importante. C'est une technique relativement coûteuse puisqu'elle nécessite au moins 2 à 3 passages.

Le semis combiné : 1 seul passage

Le cultivateur rotatif ou la herse rotative combiné au semoir centrifuge et au rouleau croskill permet de tout combiner en seul passage. Ce type de semis est peu adapté aux graines de phacélie ou de ray grass.

Le semis à la volée et enfouissement superficiel :

C'est la technique la plus rapide (2 à 3 ha/h). Lorsque la parcelle est bien nivelée et propre et que le volume de paille est important, la technique est idéale. Le semis à la volée est suivi d'un passage superficiel de cover-crop ou de cultivateur rotatif à 3-4 cm de profondeur. Un rouleau croskill attaché à l'arrière du cover-crop améliore encore les levées.

La différence entre épandeur pneumatique ou centrifuge dépend du type de graine :
  • La forme aplatie et la faible densité des graines de phacélie et de ray-grass ne permettent pas un semis à la volée,
  • Les graines de radis, moutarde et navette (PMG>2g) s'épandent relativement bien sur des margeurs de 18 à 24m,
  • Les graines de PMG plus faibles peuvent s'épandre sur des largeurs de 12 à 15 m mais en absence de vent.

Le semis sous mulch de paille :

La semence est déposée sur le sol avant de la recouvrir de paille rejetée par le broyeur et éparpillée. Compter environ 30 000 F pour l'équipement de la moissonneuse avec une rampe de semis et un transport pneumatique, équipement le plus efficace. On peut aussi monter un épandeur centrifuge sur l'essieu arrière de la moissonneuse mais l'adaptation est délicate et le résultats plus aléatoire en particulier pour les semences légères comme la phacélie ou le ray grass.

L'intérêt principal de la technique est le gain de temps : la culture intermédiaire est implantée en même temps que la moisson : pas de passage supplémentaire. Attention dans le cas d'infestation de limaces, cette technique est peu recommandée car elle ne permet pas de déchaumage précoce.

Pas d'azote minéral au démarrage

Le développement de la culture intermédiaire dépend avant tout de l'humidité résiduelle du sol. Il faut donc intervenir le plus tôt possible après la moisson. La culture pourra alors prélever l'azote disponible au sol : c'est son seul objectif principal. Des essais menés par la Chambre d'Agriculture de l'Aisne en 2000 indiquent un coefficient d'utilisation apparent de l'azote minéral apporté à l'implantation inférieure à 50%. Concrètement, Il semble que la plante aille au plus facile et utilise prioritairement l'azote minéral apporté au détriment de l'azote résiduel du sol.Tout apport minéral destiné à faciliter l'implantation ou son bon développement est donc à proscrire et est reste interdit.

Date limite d'implantation

Les cultures intermédiaires doivent être implantées au plus tard début septembre. Pour des semis réalisés au premier septembre, une analyse statistique* donne un développement des moutardes à LAON autour de 2.5 tonne de matière sèche vers le 15 novembre et vers le 15 décembre pour un semis 10 jours plus tard. Pour un seigle, un semis au premier septembre ne donnera 2.5 tonnes de matières sèches que vers le 5 décembre et vers le 12 janvier pour un semis 10 jours plus tard. Dès septembre, les températures plus froides et l'ensoleillement réduit limite fortement le développement des cultures intermédiaires et donc le potentiel d'absorption de l'azote. Le 15 septembre apparaît comme une extrême limite à l'implantation.

Dans le cas de cultures intermédiaires implantées dans le cadre réglementaire (voir Directive Nitrates), les cultures intermédiaires doivent être implantées avant le 15 septembre et au plus tard un mois après un épandage d'effluent organique.
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